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Affiche1erMaiLyon.jpg 1er Mai de Luttes - Article du Monde : Les collectifs parents-enseignants, nouveau cadre pour la protestation

"Attention école en danger". Des parents et des enseignants ont défilé, vendredi 1er mai, sous cette bannière. Apparus à l'automne 2008, ces collectifs d'un nouveau genre, créés pour s'opposer aux réformes de l'école, montent en puissance. Tout l'hiver, ils ont organisé des manifestations très locales, avant de se chercher une visibilité plus nationale.

Difficile pour l'heure de quantifier ces regroupements : "On voit des personnes un jour qui disparaissent le lendemain. Puis des nouveaux arrivent", explique Isabelle Campanella, enseignante en lettres et membre du collectif de Lyon. Si l'on se réfère aux traces Internet, 40 000 pages Web leur sont consacrées, 20 000 mails ont été envoyés à l'adresse nationale (agnationale@yahoo.fr) et 35 départements ont tenté de fédérer leurs forces lors de plusieurs rendez-vous nationaux.

Ces tentatives viennent d'aboutir à un regroupement en coordination nationale, dont la quatrième rencontre aura lieu le 13 juin à Toulouse. Mercredi 29 avril, certains de ses représentants étaient présents à l'assemblée générale de la coordination nationale des universités avec, comme mandat, de créer un mouvement de citoyens qui défende l'éducation, de la maternelle au supérieur.

Né autour des réformes du premier degré, le mouvement recrute aujourd'hui bien plus large. "Au départ, des enseignants nous ont conviés à une réunion d'information sur les nouveautés mises en place dans les écoles primaires. Là, des parents ont décidé de dire "non" aux réformes et puis d'autres se sont rallié des collèges ou lycées voisins", rappelle Bruno-ez-Zafir, un parent d'élève de Villefranche-sur-Saône.

Au fil des actions, les collectifs constitués sur une école, un quartier ou une ville, se sont rapprochés de ceux des communes voisines, avant de donner naissance à un mouvement départemental. Partout, les scénarios ont été assez voisins. Un site national fédère à présent les échanges.

Ces groupes comptent évidemment des professionnels de la lutte, qui rêvent du grand soir. A Quétigny (Côtes-d'Or), Alexandre Vanesse ne cache pas ses années à la Ligue communiste révolutionnaire. Pas plus que Benoît Guerrée de Béziers (Hérault) ne tait son militantisme à la Confédération nationale du travail (CNT), un référent en matière d'anarcho-syndicalisme.

Mais le mouvement parents-élèves dépasse ces mouvances, comme l'analyse Marie-Laure Basilien, maître de conférence en droit public à l'université Paris-III. Cette nouvelle forme de mobilisation a commencé à émerger autour de la défense des élèves étrangers. "Il n'y a pas d'adhésion, rien à payer et chacun s'engage en tant que personne sur les combats qui le motive, en fonction de ses disponibilités, note la chercheuse. En arrière-plan, ces collectifs se construisent sur un désir de justice sociale et répondent à leur manière à cette grande inquiétude sur le monde que nous allons laisser à nos enfants."

Ces combats, aux yeux des militants, ne cadrent ni avec les revendications catégorielles des syndicats, ni avec celles des fédérations de parents. Quel avenir auront ces collectifs ? "C'est notre grande interrogation. Nous savons que nous ne gagnerons pas cette fois, mais il faudra désormais compter avec nous", prévient Claire Mervant, de Sète (Hérault). Contrairement aux coordinations qui s'évaporaient à la fin d'un mouvement, celles-ci font du temps leur allié.

Maryline Baumard

Le Monde, édition du 3 mai 2009


Date de création : 04/05/2009 ~ 00:12
Dernière modification : 04/05/2009 ~ 00:14
Catégorie : 1er Mai de Luttes


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