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Manifestation à Lyon Jeudi 21 Janvier : Pour des Services Publics de qualité, partout, pour tous ! Rendez-vous Résistance Pédagogique : 10h Angle Rue Jaurès / Rue Jaboulay; Rendez-vous Ecole en Danger Collectifs du Rhône : 10h30 Place Jean Macé / AG du Collectif Lyon Croix-Rousse ouvertes à toutes et tous : Maison de l'Education - 21, rue des Tables Claudiennes Lyon 1er de 8h30 à 10h
- par collectif.ecoles.ouest.lyonnais
le 20/01/2010 ~ 23:34
Manifestation à Lyon Jeudi 21 Janvier : Pour des Services Publics de qualité, partout, pour tous ! Rendez-vous Résistance Pédagogique : 10h Angle Rue Jaurès / Rue Jaboulay Rendez-vous Ecole en Danger Collectifs du Rhône : 10h30 Place Jean Macé AG du Collectif Lyon Croix-Rousse ouvertes à toutes et tous : Maison de l'Education - 21, rue des Tables Claudiennes Lyon 1er de 8h30 à 10h .../...
Manifestation à Lyon Jeudi 21 Janvier : Pour des Services Publics de qualité, partout, pour tous ! Rendez-vous Résistance Pédagogique : 10h Angle Rue Jaurès / Rue Jaboulay Rendez-vous Ecole en Danger Collectifs du Rhône : 10h30 Place Jean Macé AG du Collectif Lyon Croix-Rousse ouvertes à toutes et tous : Maison de l'Education - 21, rue des Tables Claudiennes Lyon 1er de 8h30 à 10h 
Notre lettre aux parents des élèves de CM2 Appel des 200 Maîtres contre les évaluations nationales Au cours de l'année scolaire 2009, les évaluations nationales destinées aux élèves de CM2 et de CE1 - et voulues par le Ministre Xavier Darcos - sont arrivées dans les écoles comme s'il s'agissait des sujets du baccalauréat (documents secrets fournis la veille pour le lendemain). Rarement un dispositif aura provoqué autant de réactions négatives, chez les enseignants du premier degré comme chez les parents d'élèves, et pour cause. Il s'agissait en milieu d'année scolaire d'évaluer une année entière, qui plus est sur des nouveaux programmes récemment imposés. Plusieurs épreuves étaient inadaptées (niveau de difficulté, temps accordé). De plus le mode de correction qui n'admettait que 1 ou 0 pour évaluer rendait impossible l'analyse des raisons de l'échec d'un élève. Enfin, le risque d'une communication publique des résultats, et donc d'une mise en concurrence des écoles, était entier. Malgré les protestations massives et argumentées des professionnels de l'Education et la non communication de 30 % des résultats de CM2, toutes les écoles de France retrouveront en janvier (CM2) et mai (CE1) prochains ces évaluations, dans l'état pédagogiquement irresponsable où elles étaient apparues, avec les mêmes aberrations, la même nuisance et les mêmes risques. Par ailleurs, la passation des épreuves était récompensée par l'attribution d'une prime de 400 €, dont la répartition va à l'encontre du principe républicain d'égalité, générant ici ou là tensions et conflits (partage entre collègues sur un même poste, problème des remplaçants, enseignants ayant changé d'école). Tout cela s'appliquant à géométrie variable : ainsi quand certaines académies distribuent facilement la prime, d'autres ne le font qu'après total respect de la procédure. De même, au prétexte "d"un service de fonctionnaire non fait", des collègues ont perdu, en plus de la prime, une journée de salaire. C'est donc avec un mépris affiché et infantilisant que l'administration va à nouveau réclamer la passation de ces évaluations à des enseignants qui ne seraient pourtant pas opposés à de véritables outils au service des élèves et de leurs apprentissages. Voilà pourquoi nous invitons les maîtres et maîtresses pour lesquels le ministère réduit le service à l'obéissance et à la gestion de la pénurie (suppressions massives d'emplois, semaine de 4 jours, nouveaux programmes, aide personnalisée, fichier informatique base-élèves, fin programmée des RASED et des IUFM), ainsi que les parents d'élèves, à s'opposer à ces évaluations selon les modalités de leur choix : boycott (un élève absent invalide les évaluations), simple passation des compétences déjà travaillées, notation plus intelligente, autre usage des documents... Dans tous les cas, nous demandons à nos collègues de ne transmettre aucun résultat à l'administration ou à le faire sous des formes qu'elle ne pourrait pas exploiter. Nous invitons les conseils des maîtres à soutenir publiquement ceux d'entre eux qui, au CM2 comme au CE1, seraient conduits à agir ainsi dans l'intérêt des élèves, premières victimes de cette ineptie. Enfin, nous appelons tous ceux – enseignants, parents, syndicats, mouvements pédagogiques, associations de l'éducation populaire, fédérations de parents d'élèves - qui se reconnaîtraient dans la justesse de cette action à rejoindre cet appel et à le diffuser largement autour d'eux dans l'intérêt et le respect de nos élèves et des valeurs qui fondent l'école de la république. Alerte rouge contre le givrage pédagogique ! A quelques jours de l'opération "évaluations nationales CM2", l'appel des 200 Maîtres pour le boycott total ou partiel de ce dispositif anti-pédagogique monte en puissance, recueillant l'assentiment d'un nombre croissant de professionnels, mais faisant aussi réagir positivement associations et organisations syndicales. 1 - Les livrets d'épreuves arrivent progressivement dans les écoles. Certes les exercices semblent plus faciles que l'an dernier avec maintenant trois codes (1, 9 et 0) au lieu de deux (1, 0) ce qui prouve que nos critiques étaient justifiées. Mais le principe général de ces évaluations reste le même : produire des résultats chiffrés pour alimenter des statistiques sans permettre en rien d'aider à progresser des élèves en difficulté en français ou en mathématiques. 2 - L'appel des 200 a reçu de nouveaux soutiens très significatifs : la FCPE nationale (Fédération des Conseils de Parents d'Élèves) et la FNAREN (Rééducateurs de l'Éducation Nationale). Rappelons que plusieurs personnalités ont également apporté leur signature : Miguel BENASAYAG (philosophe, psychanalyste), Daniel CALIN (agrégé de philosophie, formateur d'enseignants spécialisés), Eveline CHARMEUX (professeur honoraire IUFM, chercheur INRP), Pierre FRACKOWIAK (inspecteur Honoraire de l'Education Nationale), André GIORDAN (professeur à l'université de Genève), Roland GORI (professeur d'université - initiateur de l'Appel des Appels), Jean-Jacques HAZAN (président de la FCPE), Claire HEBERT-SUFFRIN (docteur en psychosociologie), André INIZAN (docteur d’Etat, professeur émérite des universités), René JAM (inspecteur d'académie honoraire), Danièle MANESSE (professeur d'université Paris 3), Philippe MEIRIEU (professeur des universités Lyon), Hubert MONTAGNER (professeur des universités, ancien directeur de recherche à l'INSERM), Laurent MUCCHIELLI (sociologue, directeur de recherches au CNRS), André OUZOULIAS (professeur de philosophie, formateur, IUFM de Versailles) ou Thierry PECOUT (Membre de l'Institut universitaire de France). 3 - En convergence avec l'appel des 200 maîtres, dans un communiqué commun, les trois organisations syndicales majoritaires dans le premier degré (Snuipp/FSU - SE/UNSA - SGEN/CFDT) demandent solennellement au Ministre Luc Chatel "une remise à plat" des évaluations". 4 - Diverses organisations syndicales s'inscrivent dans une opposition active au dispositif : - Le syndicat majoritaire SNUipp-FSU appelle à ne passer que les épreuves portant sur des compétences étudiées, mais surtout à ne pas rendre publiques, ni communiquer à l'administration, les résultats. Plusieurs sections départementales du SNUipp, signataires de l'appel, s'engagent par ailleurs à soutenir syndicalement tous les collègues qui répondront en acte à l'appel - La fédération Sud éducation appelle les équipes enseignantes à organiser le boycott des évaluations CM2 et CE1 - Enfin la Fédération Nationale CGT Education condamne les évaluations nationales et a posé un préavis de grève sur les 4 jours concernés, couvrant ainsi tous les collègues qui par la grève refusent d'entrer dans ce dispositif inepte d'évaluation 5 - Les enseignants qui ne se retrouvent pas dans cette forme dangereuse de l'évaluation pourront aussi se mettre en grève le 21 janvier à l'appel des fédérations FSU, CGT, SUD, UNSA et CFDT pour la défense des Services Publics. Le 13.01.2010 L'appel : http://www.resistancepedagogique.org/site/articles.php?lng=fr&pg=177 Courriers du Collectif SEPT (Colmar) Enseignants, Dans le courant de la semaine débuteront les évaluations nationales de CM2. Leur version 2010 est sensiblement édulcorée, moins ouvertement scandaleuse que celles de 2009. Les enseignants échapperont ainsi à l'alternative : tout juste ou tout faux, en cochant la case : absence de réponse, par exemple. Ne nous y trompons pas. Ces évaluations restent gravement nuisibles à l'école pour tous. Dans leur principe même, avoué candidement cet été par l'Inspection Générale dans sa troisième note de synthèse : le but premier de ces évaluations n'est autre qu'inculquer aux enseignants et aux parents la culture de l'évaluation, de la performance et de la concurrence. Il s'agit, ni plus ni moins, de nous faire travailler non plus dans un esprit de service public, mais comme dans le privé. Nous savons tous qu'au final les enfants en seront les principales victimes, et tout spécialement les plus faibles. Le collectif vous laisse seul(e) juge de la conduite à tenir. Pour information, sachez que certains enseignants obéiront scrupuleusement aux ordres, que d'autres utiliseront un système de notation différent, qu'ils jugent plus intelligent, ou ne transmettront pas les résultats; que des parents s'opposeront à ce que les résultats de leur enfant soient saisis et sortent de l'école, selon leurs convictions. Toutefois, si vous choisissez de vous opposer d'une manière ou d'une autre à ces évaluations, l'efficacité sera plus grande si vous invitez d'autres collègues ou parents, élus ou non, à imiter votre démarche. Parents, Du 18 au 22 janvier auront lieu les évaluations nationales de CM2. Comme l'an dernier, elles n'auront aucune utilité pédagogique et vont, encore une fois,desservir les enfants : -elles portent sur tout le programme de l'année scolaire, -le système de notation est injuste, -les items et le temps accordé sont souvent inadaptés. Elles ne servent aucunement à renseigner sur le niveau réel des élèves ni à déceler les difficultés de ceux-ci. Ces évaluations ont pour but de faire entrer les principes de l'entreprise au sein de l'école (mise en concurrence, productivité, culture du résultat...) L’Inspection Générale l'a elle-même reconnu dans sa troisième note de synthèse. Le Ministère a décidé de reconduire les évaluations alors que les résultats de l'an passé n'étaient pas fiables. Tout ceci fait craindre une utilisation à des fins politiques inavouées : discréditer le travail des enseignants, mettre les écoles en concurrence ... Les enseignants qui s'opposent à ces évaluations s'exposent à des sanctions. Par contre, vous, parents, pouvez agir ! Si garder votre enfant à la maison ces jours-là est difficile, vous pouvez en revanche demander, par écrit, que les résultats de votre enfant ne soient pas saisis et ne soient transmis qu'à votre enfant et vous-même. Je soussigné(e) .........................responsable de l'enfant......................m'oppose à ce que ses résultats aux évaluations de CM2 soient communiqués à qui que ce soit, hormis moi-même, y compris à la hiérarchie de l'Education nationale. .../...
Notre lettre aux parents des élèves de CM2 Appel des 200 Maîtres contre les évaluations nationales Au cours de l'année scolaire 2009, les évaluations nationales destinées aux élèves de CM2 et de CE1 - et voulues par le Ministre Xavier Darcos - sont arrivées dans les écoles comme s'il s'agissait des sujets du baccalauréat (documents secrets fournis la veille pour le lendemain). Rarement un dispositif aura provoqué autant de réactions négatives, chez les enseignants du premier degré comme chez les parents d'élèves, et pour cause. Il s'agissait en milieu d'année scolaire d'évaluer une année entière, qui plus est sur des nouveaux programmes récemment imposés. Plusieurs épreuves étaient inadaptées (niveau de difficulté, temps accordé). De plus le mode de correction qui n'admettait que 1 ou 0 pour évaluer rendait impossible l'analyse des raisons de l'échec d'un élève. Enfin, le risque d'une communication publique des résultats, et donc d'une mise en concurrence des écoles, était entier. Malgré les protestations massives et argumentées des professionnels de l'Education et la non communication de 30 % des résultats de CM2, toutes les écoles de France retrouveront en janvier (CM2) et mai (CE1) prochains ces évaluations, dans l'état pédagogiquement irresponsable où elles étaient apparues, avec les mêmes aberrations, la même nuisance et les mêmes risques. Par ailleurs, la passation des épreuves était récompensée par l'attribution d'une prime de 400 €, dont la répartition va à l'encontre du principe républicain d'égalité, générant ici ou là tensions et conflits (partage entre collègues sur un même poste, problème des remplaçants, enseignants ayant changé d'école). Tout cela s'appliquant à géométrie variable : ainsi quand certaines académies distribuent facilement la prime, d'autres ne le font qu'après total respect de la procédure. De même, au prétexte "d"un service de fonctionnaire non fait", des collègues ont perdu, en plus de la prime, une journée de salaire. C'est donc avec un mépris affiché et infantilisant que l'administration va à nouveau réclamer la passation de ces évaluations à des enseignants qui ne seraient pourtant pas opposés à de véritables outils au service des élèves et de leurs apprentissages. Voilà pourquoi nous invitons les maîtres et maîtresses pour lesquels le ministère réduit le service à l'obéissance et à la gestion de la pénurie (suppressions massives d'emplois, semaine de 4 jours, nouveaux programmes, aide personnalisée, fichier informatique base-élèves, fin programmée des RASED et des IUFM), ainsi que les parents d'élèves, à s'opposer à ces évaluations selon les modalités de leur choix : boycott (un élève absent invalide les évaluations), simple passation des compétences déjà travaillées, notation plus intelligente, autre usage des documents... Dans tous les cas, nous demandons à nos collègues de ne transmettre aucun résultat à l'administration ou à le faire sous des formes qu'elle ne pourrait pas exploiter. Nous invitons les conseils des maîtres à soutenir publiquement ceux d'entre eux qui, au CM2 comme au CE1, seraient conduits à agir ainsi dans l'intérêt des élèves, premières victimes de cette ineptie. Enfin, nous appelons tous ceux – enseignants, parents, syndicats, mouvements pédagogiques, associations de l'éducation populaire, fédérations de parents d'élèves - qui se reconnaîtraient dans la justesse de cette action à rejoindre cet appel et à le diffuser largement autour d'eux dans l'intérêt et le respect de nos élèves et des valeurs qui fondent l'école de la république. Alerte rouge contre le givrage pédagogique ! A quelques jours de l'opération "évaluations nationales CM2", l'appel des 200 Maîtres pour le boycott total ou partiel de ce dispositif anti-pédagogique monte en puissance, recueillant l'assentiment d'un nombre croissant de professionnels, mais faisant aussi réagir positivement associations et organisations syndicales. 1 - Les livrets d'épreuves arrivent progressivement dans les écoles. Certes les exercices semblent plus faciles que l'an dernier avec maintenant trois codes (1, 9 et 0) au lieu de deux (1, 0) ce qui prouve que nos critiques étaient justifiées. Mais le principe général de ces évaluations reste le même : produire des résultats chiffrés pour alimenter des statistiques sans permettre en rien d'aider à progresser des élèves en difficulté en français ou en mathématiques. 2 - L'appel des 200 a reçu de nouveaux soutiens très significatifs : la FCPE nationale (Fédération des Conseils de Parents d'Élèves) et la FNAREN (Rééducateurs de l'Éducation Nationale). Rappelons que plusieurs personnalités ont également apporté leur signature : Miguel BENASAYAG (philosophe, psychanalyste), Daniel CALIN (agrégé de philosophie, formateur d'enseignants spécialisés), Eveline CHARMEUX (professeur honoraire IUFM, chercheur INRP), Pierre FRACKOWIAK (inspecteur Honoraire de l'Education Nationale), André GIORDAN (professeur à l'université de Genève), Roland GORI (professeur d'université - initiateur de l'Appel des Appels), Jean-Jacques HAZAN (président de la FCPE), Claire HEBERT-SUFFRIN (docteur en psychosociologie), André INIZAN (docteur d’Etat, professeur émérite des universités), René JAM (inspecteur d'académie honoraire), Danièle MANESSE (professeur d'université Paris 3), Philippe MEIRIEU (professeur des universités Lyon), Hubert MONTAGNER (professeur des universités, ancien directeur de recherche à l'INSERM), Laurent MUCCHIELLI (sociologue, directeur de recherches au CNRS), André OUZOULIAS (professeur de philosophie, formateur, IUFM de Versailles) ou Thierry PECOUT (Membre de l'Institut universitaire de France). 3 - En convergence avec l'appel des 200 maîtres, dans un communiqué commun, les trois organisations syndicales majoritaires dans le premier degré (Snuipp/FSU - SE/UNSA - SGEN/CFDT) demandent solennellement au Ministre Luc Chatel "une remise à plat" des évaluations". 4 - Diverses organisations syndicales s'inscrivent dans une opposition active au dispositif : - Le syndicat majoritaire SNUipp-FSU appelle à ne passer que les épreuves portant sur des compétences étudiées, mais surtout à ne pas rendre publiques, ni communiquer à l'administration, les résultats. Plusieurs sections départementales du SNUipp, signataires de l'appel, s'engagent par ailleurs à soutenir syndicalement tous les collègues qui répondront en acte à l'appel - La fédération Sud éducation appelle les équipes enseignantes à organiser le boycott des évaluations CM2 et CE1 - Enfin la Fédération Nationale CGT Education condamne les évaluations nationales et a posé un préavis de grève sur les 4 jours concernés, couvrant ainsi tous les collègues qui par la grève refusent d'entrer dans ce dispositif inepte d'évaluation 5 - Les enseignants qui ne se retrouvent pas dans cette forme dangereuse de l'évaluation pourront aussi se mettre en grève le 21 janvier à l'appel des fédérations FSU, CGT, SUD, UNSA et CFDT pour la défense des Services Publics. Le 13.01.2010 L'appel : http://www.resistancepedagogique.org/site/articles.php?lng=fr&pg=177 Courriers du Collectif SEPT (Colmar) Enseignants, Dans le courant de la semaine débuteront les évaluations nationales de CM2. Leur version 2010 est sensiblement édulcorée, moins ouvertement scandaleuse que celles de 2009. Les enseignants échapperont ainsi à l'alternative : tout juste ou tout faux, en cochant la case : absence de réponse, par exemple. Ne nous y trompons pas. Ces évaluations restent gravement nuisibles à l'école pour tous. Dans leur principe même, avoué candidement cet été par l'Inspection Générale dans sa troisième note de synthèse : le but premier de ces évaluations n'est autre qu'inculquer aux enseignants et aux parents la culture de l'évaluation, de la performance et de la concurrence. Il s'agit, ni plus ni moins, de nous faire travailler non plus dans un esprit de service public, mais comme dans le privé. Nous savons tous qu'au final les enfants en seront les principales victimes, et tout spécialement les plus faibles. Le collectif vous laisse seul(e) juge de la conduite à tenir. Pour information, sachez que certains enseignants obéiront scrupuleusement aux ordres, que d'autres utiliseront un système de notation différent, qu'ils jugent plus intelligent, ou ne transmettront pas les résultats; que des parents s'opposeront à ce que les résultats de leur enfant soient saisis et sortent de l'école, selon leurs convictions. Toutefois, si vous choisissez de vous opposer d'une manière ou d'une autre à ces évaluations, l'efficacité sera plus grande si vous invitez d'autres collègues ou parents, élus ou non, à imiter votre démarche. Parents, Du 18 au 22 janvier auront lieu les évaluations nationales de CM2. Comme l'an dernier, elles n'auront aucune utilité pédagogique et vont, encore une fois,desservir les enfants : -elles portent sur tout le programme de l'année scolaire, -le système de notation est injuste, -les items et le temps accordé sont souvent inadaptés. Elles ne servent aucunement à renseigner sur le niveau réel des élèves ni à déceler les difficultés de ceux-ci. Ces évaluations ont pour but de faire entrer les principes de l'entreprise au sein de l'école (mise en concurrence, productivité, culture du résultat...) L’Inspection Générale l'a elle-même reconnu dans sa troisième note de synthèse. Le Ministère a décidé de reconduire les évaluations alors que les résultats de l'an passé n'étaient pas fiables. Tout ceci fait craindre une utilisation à des fins politiques inavouées : discréditer le travail des enseignants, mettre les écoles en concurrence ... Les enseignants qui s'opposent à ces évaluations s'exposent à des sanctions. Par contre, vous, parents, pouvez agir ! Si garder votre enfant à la maison ces jours-là est difficile, vous pouvez en revanche demander, par écrit, que les résultats de votre enfant ne soient pas saisis et ne soient transmis qu'à votre enfant et vous-même. Je soussigné(e) .........................responsable de l'enfant......................m'oppose à ce que ses résultats aux évaluations de CM2 soient communiqués à qui que ce soit, hormis moi-même, y compris à la hiérarchie de l'Education nationale. 
Lettre ouverte aux enfants sur la BNIE Les enfants, je vous adresse cette lettre car le sujet ci-dessous vous concerne. Peut-être vous intéressera-t- il ? Voici les faits : Le ministère de l’éducation nationale stocke depuis plusieurs mois des informations vous concernant sur un système informatique situé en région parisienne. Ces informations, ce sont vos noms, prénoms, adresse, date de naissance, et votre cursus scolaire complet, de l’école maternelle à l’université. Il est prévu de conserver ces informations pendant 35 ans (jusqu’à vos 37 ou 38 ans au moins). Ce système informatique s’appelle la Base Nationale des Identifiants Élèves, ou de son petit nom (acronyme) BNIE. C’est la première fois depuis très longtemps en France que l’état recense dans un même endroit l’ensemble de la population d’une tranche d’âge avec les noms et prénoms. Vous avez peut-être entendu parler du recensement de la population, des bases de la sécurité sociale, du fichier de recensement de la police... Tous ces fichiers sont soit anonymes (population), soit ne recensent pas toutes les personnes et sûrement pas pendant 35 ans. Pourquoi cette BNIE ? Je n’en sais rien. C’est pourquoi je vous adresse cette lettre... Pour que vous demandiez autour de vous, à vos parents, à vos professeurs, à vos proviseurs, à vos élus, à vos proches.... Pourquoi ? Peut-être aurez-vous une réponse qui soit une très bonne raison et qui respecte nos principes français de « Liberté, égalité, fraternité »... Pourquoi s’adresser à vous les enfants ? Parce que je ne sais pas vers qui me tourner. J’ai pensé aux statisticiens La statistique, cela revient à savoir combien sans se préoccuper de qui. C’est même une règle absolue des statisticiens afin de ne pas se laisser perturber par un nom, un prénom, une personne parmi d’autres. Ce qui intéresse le statisticien, c’est de comparer, d’analyser, pas de pointer une personne du doigt. Au contraire, les statistiques permettent de comprendre là où il faut mettre de l’argent, des moyens, des routes et des écoles.... Je suis un statisticien formé à l’école de l’insee (institut nationnal des statistiques et des études économiques) et j’ai appris durant toute ma scolarité qu’il ne fallait JAMAIS réaliser une base comme la BNIE et qu’il y avait bien d’autres chemins pour obtenir les mêmes résultats statistiques. Or, la BNIE sert aux statisticiens comme le prouve un bulletin officiel de l’éducation nationale ; elle a été réalisée par d’anciens collègues statisticiens issus de mon ancienne école. Peut-être les autres statisticiens ne sont-ils pas encore au courant et quand ils vont découvrir l’existence de la BNIE, ils vont dire et crier que ce n’est pas possible... J’ai pensé aux informaticiens. Sans eux et les ordinateurs, il est quasiment impossible de conserver autant de données sur plus de 45 millions d’élèves... 45 Millions, c’est beaucoup pour 60 Millions de français... En fait, vous êtes un peu plus de 13 millions d’élèves en ce moment mais les données étant conservées pendant 35 ans, on parle bien en permanence dans la BNIE de plus 45 millions d’élèves ou anciens élèves. Or, chez les informaticiens (c’est aujourd’hui mon métier), l’information est au cœur de leur métier ainsi que l’argent, le pouvoir ou la gloire que donne cette information. Je connais beaucoup d’informaticiens qui, quand une prouesse technique est possible, s’efforce de la faire sans se poser la question de « est-ce que c’est bien de le faire ? ». Pour la comparaison, il est techniquement possible de détruire un pays entier simplement en appuyant sur un bouton... Faut-il appuyer sur le bouton ? Quelqu’un a-t-il appuyé sur le bouton ? Tous les jours, je rencontre des informaticiens qui se glorifient de pouvoir faire et qui font... D’autres parlent beaucoup de liberté, de programmes partagés entre tous, ouverts et libres... mais que doit-on faire des données personnelles de chacun, des photos, des travaux.... qu’en est-il des droits de chacun à ne pas être filmé, enregistré, fiché... J’ai pensé à vos parents Beaucoup sont déjà au courant de l’existence d’une base élève nationale. Certains se battent courageusement depuis plusieurs années. D’autres disent qu’ils n’ont rien à cacher... Je ne vous parle pas de se cacher mais de ne pas être fiché. Ce n’est pas la même chose, non ? Cela me rappelle une triste histoire d’un peuple pendant la seconde guerre mondiale qui a été fiché et qui a du se cacher ou mourir... mais c’est une autre histoire... de fichage. Beaucoup des parents pensent que c’est le progrès et que si cela peut permettre de faire des économies, alors tant mieux pour notre pays. Mais on peut faire autrement pour étudier les cursus des élèves en France, pour trouver les doublons, pour gérer au mieux les dotations financières dans les écoles. Il y a bien d’autres moyens tout aussi efficaces et bien connus des statisticiens et des informaticiens. D’autres ministères ont déjà mis en place de telles méthodes et, quand je travaillais pour le ministère de l’éducation nationale, ce sont des méthodes respectueuses de chacun des enfants qui étaient mises en place. Qu’est-ce qui a changé en 10 ans ? Je ne sais pas. J’ai bien pensé à parler à vos parents de l’idée de constituer un fichier similaire avec TOUS les adultes et leur cursus professionnel (ça n’existe pas bien entendu) pour leur faire comprendre ce qui était construit pour leurs enfants. J’ai pensé à vos professeurs Ils se battent déjà, surtout certains directeurs d’écoles maternelles et primaires qui risquent leur salaire et leur poste chaque mois en s’opposant à ce système et ce fichage. Pourtant, certains s’essoufflent car ils se battent depuis longtemps et ne se sentent pas aidés, compris. Normal... cela leur fait du boulot en plus, alors on peut dire qu’ils ne veulent pas du système car ils ne veulent pas du boulot... Au collège et au lycée, ce ne sont pas les professeurs qui sont concernés par ce fichage mais les proviseurs et secrétariat... donc ils sont moins présents dans ce combat car ils ne voient pas le problème. De plus, on leur a dit que c’était sécurisé et qu’en primaire, c’était le même système que celui qui avait été mis en place au collège et lycée (ce système s’appelle scolarité). Or la BNIE concerne TOUS les élèves et étend donc l’ancien système scolarité. Ils sont donc concernés mais ne sont peut-être pas au courant. J’ai pensé à l’agence de défense de la liberté dans l’informatique, la CNIL (commission nationale informatique et liberté) Cette commission, c’est elle qui défend nos libertés à être ou ne pas être fichés dans des systèmes informatiques. Malheureusement, la CNIL a publié sur son site un mode d’emploi sur la base élève du premier degré (maternelle et primaire) qui affirme que la BNIE n’existe pas, en jouant sur l’appellation de cette base et donc la confusion. Exprès ou non, je n’en sais rien.... Quoiqu’il en soit, cette commission met beaucoup de mots, de temps et de personnes pour affirmer que le fichier national du premier degré est anonyme, et ils ne parlent pas de la BNIE... Par contre, aucun document des déclarations obligatoires n’est publié sur leur site. Sont-ils débordés ? N’ont-ils pas vus ? N’ont-ils pas compris ? Comment faire quand ceux qui garantissent nos libertés sont peut-être aveugles et semble refuser le débat ? J’ai pensé à nos politiques Le problème, c’est que le système initial a été mis en place par la candidate au deuxième tour de la dernière élection présidentielle. Le système est aujourd’hui conforté par notre président de la république, l’autre candidat de cette dernière élection. Les deux adorent les sondages, les chiffres et semblent confondre la gestion locale (qui ?) avec la statistique nationale (combien ?). Certains autres politiques se bougent un tout petit peu, mais ils sont un peu gênés par le courant commun de pensée initié par nos deux leaders. Savoir qui, c’est aussi très pratique pour un politique qui veut être élu.... J’ai pensé au Conseil d’Etat Le Conseil d’Etat comprend des sages qui peuvent défaire ce qui a été fait par nos politiques, s’ils pensent que c’est contraire aux principes de l’état français. On a l’habitude de dire que c’est la plus haute juridiction de l’état. Ils peuvent donc dire au ministère de l’éducation nationale d’arrêter tout. Bon, il se sont saisis du problème il y a quelques mois et sont sur une voie assez respectueuse de vos droits. N’empêche qu’ils ne semblent pas être au courant de la BNIE ou qu’ils considèrent que cela ne fait pas partie de la base élève premier degré, alors même que la BNIE a été conçue pour permettre le dédoublonnage des élèves de « base élève » et « scolarité ». Bref, s’ils loupent le coche, il devront peut-être de nouveau se saisir sur la BNIE et recommencer une nouvelle procédure dès le début, donc longue et attendre encore de long mois avant de se prononcer. J’ai pensé aux journalistes Là, je me suis très très très vite arrêté car les journalistes ont des clients dont leurs lecteurs, leurs auditeurs... Et, vous, les enfants, lisez-vous souvent les grands journaux nationaux en dehors de la classe, regardez-vous les journalistes à la télé.... Bref, vous n’êtes pas leurs clients. De plus, le sujet demande beaucoup de travail d’investigation pour comprendre... Peut-être y-en-a-t-il un ou une qui travaille en ce moment sur le sujet et qui va sortir un scoop dans quelque temps ? J’ai pensé aux fonctionnaires utilisateurs de la BNIE Ils sont près de 400 à pouvoir faire des requêtes sur cette base, des exports, au sein du ministère de l’éducation nationale, mais aussi, semble-t-il, au sein d’autres administrations, le ministère de l’agriculture, le ministère de la défense (il y a des écoles qui dépendent de ces ministères). Pour eux, c’est très pratique ce fichier, car cela permet d’aller plus vite qu’avant sur les recherches d’enfants, de doublons, un certain nombre de procédures administratives concernant des enfants du voyage, scolarisés au CNED, handicapés, malades à l’hôpital, en écoles spécialisées... Bref, il n’ont aucun intérêt dans leur travail quotidien à changer ce nouveau système. Certains ne savent pas que l’on peut faire tout aussi simple et efficace sans les défauts du système. D’autres ne croient pas que cela soit possible. Enfin, il y en a qui adorent regarder si l’enfant du voisin à bien redoublé sa classe ou non, si le fils de tel acteur connu est bien en échec scolaire.... C’est pratique de centraliser l’information à un même endroit pour savoir. Puis, j’ai pensé à vous, les enfants Beaucoup parlent de la planète que l’on laissera à nos enfants. Sur cette planète, il y a aussi des systèmes d’organisation des sociétés, dont la BNIE fait partie. Aussi, après avoir pensé à beaucoup de personnes, je me suis dit que le plus simple était de m’adresser à vous et de vous poser la question : avez-vous envie que votre nom, votre prénom et votre cursus soient fichés pendant 35 ans ? Ne me croyez pas sur parole (sur écrit devrais-je dire)... Vérifiez, questionnez, commentez, faites valoir vos droits dont on fête les 20 ans. Faites-vous entendre et décidez pour vous même et -pourquoi pas- ensemble si ce système vous convient ou non... Il vous concerne plus que moi (qui resterai anonyme car le pourquoi est plus important que le qui). France, 11 novembre 2009 .../...
Lettre ouverte aux enfants sur la BNIE Les enfants, je vous adresse cette lettre car le sujet ci-dessous vous concerne. Peut-être vous intéressera-t- il ? Voici les faits : Le ministère de l’éducation nationale stocke depuis plusieurs mois des informations vous concernant sur un système informatique situé en région parisienne. Ces informations, ce sont vos noms, prénoms, adresse, date de naissance, et votre cursus scolaire complet, de l’école maternelle à l’université. Il est prévu de conserver ces informations pendant 35 ans (jusqu’à vos 37 ou 38 ans au moins). Ce système informatique s’appelle la Base Nationale des Identifiants Élèves, ou de son petit nom (acronyme) BNIE. C’est la première fois depuis très longtemps en France que l’état recense dans un même endroit l’ensemble de la population d’une tranche d’âge avec les noms et prénoms. Vous avez peut-être entendu parler du recensement de la population, des bases de la sécurité sociale, du fichier de recensement de la police... Tous ces fichiers sont soit anonymes (population), soit ne recensent pas toutes les personnes et sûrement pas pendant 35 ans. Pourquoi cette BNIE ? Je n’en sais rien. C’est pourquoi je vous adresse cette lettre... Pour que vous demandiez autour de vous, à vos parents, à vos professeurs, à vos proviseurs, à vos élus, à vos proches.... Pourquoi ? Peut-être aurez-vous une réponse qui soit une très bonne raison et qui respecte nos principes français de « Liberté, égalité, fraternité »... Pourquoi s’adresser à vous les enfants ? Parce que je ne sais pas vers qui me tourner. J’ai pensé aux statisticiens La statistique, cela revient à savoir combien sans se préoccuper de qui. C’est même une règle absolue des statisticiens afin de ne pas se laisser perturber par un nom, un prénom, une personne parmi d’autres. Ce qui intéresse le statisticien, c’est de comparer, d’analyser, pas de pointer une personne du doigt. Au contraire, les statistiques permettent de comprendre là où il faut mettre de l’argent, des moyens, des routes et des écoles.... Je suis un statisticien formé à l’école de l’insee (institut nationnal des statistiques et des études économiques) et j’ai appris durant toute ma scolarité qu’il ne fallait JAMAIS réaliser une base comme la BNIE et qu’il y avait bien d’autres chemins pour obtenir les mêmes résultats statistiques. Or, la BNIE sert aux statisticiens comme le prouve un bulletin officiel de l’éducation nationale ; elle a été réalisée par d’anciens collègues statisticiens issus de mon ancienne école. Peut-être les autres statisticiens ne sont-ils pas encore au courant et quand ils vont découvrir l’existence de la BNIE, ils vont dire et crier que ce n’est pas possible... J’ai pensé aux informaticiens. Sans eux et les ordinateurs, il est quasiment impossible de conserver autant de données sur plus de 45 millions d’élèves... 45 Millions, c’est beaucoup pour 60 Millions de français... En fait, vous êtes un peu plus de 13 millions d’élèves en ce moment mais les données étant conservées pendant 35 ans, on parle bien en permanence dans la BNIE de plus 45 millions d’élèves ou anciens élèves. Or, chez les informaticiens (c’est aujourd’hui mon métier), l’information est au cœur de leur métier ainsi que l’argent, le pouvoir ou la gloire que donne cette information. Je connais beaucoup d’informaticiens qui, quand une prouesse technique est possible, s’efforce de la faire sans se poser la question de « est-ce que c’est bien de le faire ? ». Pour la comparaison, il est techniquement possible de détruire un pays entier simplement en appuyant sur un bouton... Faut-il appuyer sur le bouton ? Quelqu’un a-t-il appuyé sur le bouton ? Tous les jours, je rencontre des informaticiens qui se glorifient de pouvoir faire et qui font... D’autres parlent beaucoup de liberté, de programmes partagés entre tous, ouverts et libres... mais que doit-on faire des données personnelles de chacun, des photos, des travaux.... qu’en est-il des droits de chacun à ne pas être filmé, enregistré, fiché... J’ai pensé à vos parents Beaucoup sont déjà au courant de l’existence d’une base élève nationale. Certains se battent courageusement depuis plusieurs années. D’autres disent qu’ils n’ont rien à cacher... Je ne vous parle pas de se cacher mais de ne pas être fiché. Ce n’est pas la même chose, non ? Cela me rappelle une triste histoire d’un peuple pendant la seconde guerre mondiale qui a été fiché et qui a du se cacher ou mourir... mais c’est une autre histoire... de fichage. Beaucoup des parents pensent que c’est le progrès et que si cela peut permettre de faire des économies, alors tant mieux pour notre pays. Mais on peut faire autrement pour étudier les cursus des élèves en France, pour trouver les doublons, pour gérer au mieux les dotations financières dans les écoles. Il y a bien d’autres moyens tout aussi efficaces et bien connus des statisticiens et des informaticiens. D’autres ministères ont déjà mis en place de telles méthodes et, quand je travaillais pour le ministère de l’éducation nationale, ce sont des méthodes respectueuses de chacun des enfants qui étaient mises en place. Qu’est-ce qui a changé en 10 ans ? Je ne sais pas. J’ai bien pensé à parler à vos parents de l’idée de constituer un fichier similaire avec TOUS les adultes et leur cursus professionnel (ça n’existe pas bien entendu) pour leur faire comprendre ce qui était construit pour leurs enfants. J’ai pensé à vos professeurs Ils se battent déjà, surtout certains directeurs d’écoles maternelles et primaires qui risquent leur salaire et leur poste chaque mois en s’opposant à ce système et ce fichage. Pourtant, certains s’essoufflent car ils se battent depuis longtemps et ne se sentent pas aidés, compris. Normal... cela leur fait du boulot en plus, alors on peut dire qu’ils ne veulent pas du système car ils ne veulent pas du boulot... Au collège et au lycée, ce ne sont pas les professeurs qui sont concernés par ce fichage mais les proviseurs et secrétariat... donc ils sont moins présents dans ce combat car ils ne voient pas le problème. De plus, on leur a dit que c’était sécurisé et qu’en primaire, c’était le même système que celui qui avait été mis en place au collège et lycée (ce système s’appelle scolarité). Or la BNIE concerne TOUS les élèves et étend donc l’ancien système scolarité. Ils sont donc concernés mais ne sont peut-être pas au courant. J’ai pensé à l’agence de défense de la liberté dans l’informatique, la CNIL (commission nationale informatique et liberté) Cette commission, c’est elle qui défend nos libertés à être ou ne pas être fichés dans des systèmes informatiques. Malheureusement, la CNIL a publié sur son site un mode d’emploi sur la base élève du premier degré (maternelle et primaire) qui affirme que la BNIE n’existe pas, en jouant sur l’appellation de cette base et donc la confusion. Exprès ou non, je n’en sais rien.... Quoiqu’il en soit, cette commission met beaucoup de mots, de temps et de personnes pour affirmer que le fichier national du premier degré est anonyme, et ils ne parlent pas de la BNIE... Par contre, aucun document des déclarations obligatoires n’est publié sur leur site. Sont-ils débordés ? N’ont-ils pas vus ? N’ont-ils pas compris ? Comment faire quand ceux qui garantissent nos libertés sont peut-être aveugles et semble refuser le débat ? J’ai pensé à nos politiques Le problème, c’est que le système initial a été mis en place par la candidate au deuxième tour de la dernière élection présidentielle. Le système est aujourd’hui conforté par notre président de la république, l’autre candidat de cette dernière élection. Les deux adorent les sondages, les chiffres et semblent confondre la gestion locale (qui ?) avec la statistique nationale (combien ?). Certains autres politiques se bougent un tout petit peu, mais ils sont un peu gênés par le courant commun de pensée initié par nos deux leaders. Savoir qui, c’est aussi très pratique pour un politique qui veut être élu.... J’ai pensé au Conseil d’Etat Le Conseil d’Etat comprend des sages qui peuvent défaire ce qui a été fait par nos politiques, s’ils pensent que c’est contraire aux principes de l’état français. On a l’habitude de dire que c’est la plus haute juridiction de l’état. Ils peuvent donc dire au ministère de l’éducation nationale d’arrêter tout. Bon, il se sont saisis du problème il y a quelques mois et sont sur une voie assez respectueuse de vos droits. N’empêche qu’ils ne semblent pas être au courant de la BNIE ou qu’ils considèrent que cela ne fait pas partie de la base élève premier degré, alors même que la BNIE a été conçue pour permettre le dédoublonnage des élèves de « base élève » et « scolarité ». Bref, s’ils loupent le coche, il devront peut-être de nouveau se saisir sur la BNIE et recommencer une nouvelle procédure dès le début, donc longue et attendre encore de long mois avant de se prononcer. J’ai pensé aux journalistes Là, je me suis très très très vite arrêté car les journalistes ont des clients dont leurs lecteurs, leurs auditeurs... Et, vous, les enfants, lisez-vous souvent les grands journaux nationaux en dehors de la classe, regardez-vous les journalistes à la télé.... Bref, vous n’êtes pas leurs clients. De plus, le sujet demande beaucoup de travail d’investigation pour comprendre... Peut-être y-en-a-t-il un ou une qui travaille en ce moment sur le sujet et qui va sortir un scoop dans quelque temps ? J’ai pensé aux fonctionnaires utilisateurs de la BNIE Ils sont près de 400 à pouvoir faire des requêtes sur cette base, des exports, au sein du ministère de l’éducation nationale, mais aussi, semble-t-il, au sein d’autres administrations, le ministère de l’agriculture, le ministère de la défense (il y a des écoles qui dépendent de ces ministères). Pour eux, c’est très pratique ce fichier, car cela permet d’aller plus vite qu’avant sur les recherches d’enfants, de doublons, un certain nombre de procédures administratives concernant des enfants du voyage, scolarisés au CNED, handicapés, malades à l’hôpital, en écoles spécialisées... Bref, il n’ont aucun intérêt dans leur travail quotidien à changer ce nouveau système. Certains ne savent pas que l’on peut faire tout aussi simple et efficace sans les défauts du système. D’autres ne croient pas que cela soit possible. Enfin, il y en a qui adorent regarder si l’enfant du voisin à bien redoublé sa classe ou non, si le fils de tel acteur connu est bien en échec scolaire.... C’est pratique de centraliser l’information à un même endroit pour savoir. Puis, j’ai pensé à vous, les enfants Beaucoup parlent de la planète que l’on laissera à nos enfants. Sur cette planète, il y a aussi des systèmes d’organisation des sociétés, dont la BNIE fait partie. Aussi, après avoir pensé à beaucoup de personnes, je me suis dit que le plus simple était de m’adresser à vous et de vous poser la question : avez-vous envie que votre nom, votre prénom et votre cursus soient fichés pendant 35 ans ? Ne me croyez pas sur parole (sur écrit devrais-je dire)... Vérifiez, questionnez, commentez, faites valoir vos droits dont on fête les 20 ans. Faites-vous entendre et décidez pour vous même et -pourquoi pas- ensemble si ce système vous convient ou non... Il vous concerne plus que moi (qui resterai anonyme car le pourquoi est plus important que le qui). France, 11 novembre 2009
Régine VenetTrès triste nouvelle, Régine nous a quittés samedi 3 octobre ... Bien connue dans la région de Mornant pour avoir travaillé dans nos différentes écoles, Régine était aussi très active dans plusieurs associations locales. Dès l’origine de notre Collectif, Régine s’est engagée avec détermination pour sauvegarder et améliorer notre Ecole Publique. L’émotion est immense pour tous ceux qui l’ont côtoyée. Nous pensons très fort à ses deux filles Chloé et Louise et à sa famille. Régine, le 17 janvier dans la manifestation à LyonLes CM2 de Régine en juin 2008, Classe APAC Solidance Il y a 2 ans, Régine et sa classe de CM2 avaient correspondu avec deux classes de Cenade (Roumanie) en collaboration avec l'association Terre Roumaine. Depuis, Régine militait activement dans l'association et échangeait avec les deux collègues roumaines. En accord avec la famille de Régine, les enseignants, personnels municipaux, parents d'élèves, anciens élèves des écoles du secteur de Mornant vous proposent de faire un don à l'association Terre Roumaine (chèques libellés à l'ordre de Terre Roumaine, avec, au verso, la mention "Action Régine" *, à adresser à la présidente de Terre Roumaine Solange Port-Levet - 10, allée des Fauvettes 69440 Mornant - tél/fax 0478440067). (*) Les dons en espèces peuvent être transmis à Solange Port-Levet ou à l'école élémentaire Le Petit Prince qui s'occupera du reversement via le compte coop OCCE. (Ecole Le Petit Prince 21, avenue de Verdun 69440 Mornant - tél 0478440193 - fax 0478449647) .../...
Régine VenetTrès triste nouvelle, Régine nous a quittés samedi 3 octobre ... Bien connue dans la région de Mornant pour avoir travaillé dans nos différentes écoles, Régine était aussi très active dans plusieurs associations locales. Dès l’origine de notre Collectif, Régine s’est engagée avec détermination pour sauvegarder et améliorer notre Ecole Publique. L’émotion est immense pour tous ceux qui l’ont côtoyée. Nous pensons très fort à ses deux filles Chloé et Louise et à sa famille. Régine, le 17 janvier dans la manifestation à LyonLes CM2 de Régine en juin 2008, Classe APAC Solidance Il y a 2 ans, Régine et sa classe de CM2 avaient correspondu avec deux classes de Cenade (Roumanie) en collaboration avec l'association Terre Roumaine. Depuis, Régine militait activement dans l'association et échangeait avec les deux collègues roumaines. En accord avec la famille de Régine, les enseignants, personnels municipaux, parents d'élèves, anciens élèves des écoles du secteur de Mornant vous proposent de faire un don à l'association Terre Roumaine (chèques libellés à l'ordre de Terre Roumaine, avec, au verso, la mention "Action Régine" *, à adresser à la présidente de Terre Roumaine Solange Port-Levet - 10, allée des Fauvettes 69440 Mornant - tél/fax 0478440067). (*) Les dons en espèces peuvent être transmis à Solange Port-Levet ou à l'école élémentaire Le Petit Prince qui s'occupera du reversement via le compte coop OCCE. (Ecole Le Petit Prince 21, avenue de Verdun 69440 Mornant - tél 0478440193 - fax 0478449647) 
Le stress à l'Ecole : Avec 39 cas de suicides par an pour 100 000 enseignants (contre 17,1 en moyenne en France pour 100.000 habitants ), la profession est la plus touchée par ce phénomène avec les fonctionnaires de police (35 pour 100 000).
- par collectif.ecoles.ouest.lyonnais
le 15/10/2009 ~ 00:24
file/communique_stress_a%20_lecole.pdf Avec 39 cas de suicides par an pour 100 000 enseignants (contre 17,1 en moyenne en France pour 100.000 habitants ), la profession est la plus touchée par ce phénomène avec les fonctionnaires de police (35 pour 100 000). .../...
file/communique_stress_a%20_lecole.pdf Avec 39 cas de suicides par an pour 100 000 enseignants (contre 17,1 en moyenne en France pour 100.000 habitants ), la profession est la plus touchée par ce phénomène avec les fonctionnaires de police (35 pour 100 000). 
J'étais un instituteur désobéisseur. Un très beau et utile témoignage de Pierre Frackowiak, IEN honoraire
- par collectif.ecoles.ouest.lyonnais
le 22/08/2009 ~ 15:38
Instituteur remplaçant dans un premier poste près d'un puits de mine à Liévin, j'étais effaré que mes élèves, dont la plupart des pères travaillaient dans cette mine mitoyenne de l'école, n'avaient jamais pu visiter le « carreau de fosse » fermé par de solides barrières. J'étais aussi effaré de devoir leur faire faire des rédactions sur leurs vacances qu'ils avaient passées dans les corons ou sur l'automne dont il n'avait rien à dire et à écrire. Je décidai donc d'organiser une visite de cette fosse, au moins en surface, la descente étant évidemment interdite. La conseillère pédagogique contactée par le directeur effrayé est venue me l'interdire et m'a montré une leçon modèle de vocabulaire sur le jardin potager à partir de l'une de ces superbes images déjà jaunies que l'on voyait dans toutes les écoles. L'écoute des explications sur le râteau qui ratisse ou râtelle, la répétition des définitions qui transformait les enfants en murs, fermés sur eux-mêmes, incapables de répéter correctement ce langage étranger, m'interloquait. Comment pouvait-on s'obstiner à imposer des choses ayant si peu d'intérêt même si elles étaient dans les fiches pédagogiques du journal syndical et les répartitions du commerce? J'ai donc désobéi. Nous sommes allés voir le carreau de la mine en en ayant informé l'inspecteur par courrier et en ayant noté soigneusement au tableau où nous étions. Nous sommes aussi allés à la rencontre d'un jardinier et d'un fermier… Et les élèves ont parlé, écrit, lu, observé de la langue qui avait soudain pris du sens…. J'étais un désobéisseur. Instituteur au CP, on m'avait imposé le manuel en vigueur depuis longtemps, « Rémi et Colette ». « Rémi coupe la tulipe rouge ». Impossible de ne pas voir que les élèves n'avaient aucune affinité avec Rémi et se demandaient, avant de se mettre à rêver ou à surveiller les mouches, pourquoi ce Rémi coupait-il cette tulipe et pourquoi justement cette tulipe rouge alors que les jaunes, les blanches, sont aussi belles même si les mots ne comportent pas la lettre « r ». Comme le cancre de Prévert, avec des craies de toutes les couleurs, je décidai de jeter les livres dans les placards, de n'en garder que le sommaire pour avoir une liste des lettres et des sons, pour pointer leur rencontre dans des textes vrais ou dans des écrits sociaux récoltés, pour me justifier en cas de visite toujours scandaleusement inopinée à l'époque[1] de l'inspecteur. Je n'avais pas compris, malgré les injonctions, pour quelles raisons on ne pouvait pas faire « oin » avant d'avoir fait « a » et « u ». J'étais un désobéisseur. Instituteur au CM2, je m'étais rendu compte que j'étais capable de faire le classement des élèves de ma classe du 1er au 27èmesans faire les compositions traditionnelles,à main levée, dès le premier trimestre. Les procédures de contrôle et de hiérarchisation des élèves apparaissaient donc comme n'ayant pas de sens sauf à vouloir s'inscrire résolument dans une perspective de sélection, de stigmatisation des faibles et de formalisme. J'ai essayé de concevoir des méthodes d'évaluation réellement formatives dans la perspective de l'amélioration de la réussite scolaire. Dans le même esprit, je refusai de remplir les grillescaractérisant les élèves (courageux, discipliné, attentif, intéressé…). Cette attitude posait de gros problèmes à la directrice attentive au respect des usages et aux exigences du collège qui souhaitait un étiquetage précis des élèves pour constituer les classes de 6ème. J'étais undésobéisseur Instituteur, ayant des responsabilités départementales à la FCPE, attentif à l'ouverture de l'école et au développement réel des relations entre l'école et les familles, j'ai proposé aux parents de venir, par deux ou trois, selon un calendrier concerté, observer une demi-journée de classe, à la condition d'être discrets, silencieux. Cette initiative s'adressait notamment aux parents qui ne venaient jamais aux réunions. Tous sont venus. Les dialogues et les réunions de synthèse furent d'une richesse qui dépassa les espérances et qui modifia profondément les rapports. Cette pratique était à l'époque complètement originale, contraire aux usages et même contraire à l'opinion générale des enseignants qui étaient très résistants aux nouvelles dispositions ouvrant l'école aux parents avec les conseils d'école et les conseils d'administration des collèges. Je rompais avec les usages et avec ceux de mes collègues qui craignaient une demande de généralisation de cette initiative. J'étais un désobéisseur. Devenu inspecteur, grâce à un concours républicain à l'époque[2], le même concours pour tous, dans une promotion (1978/1980) où se trouvaient plusieurs agrégés qui ont naturellement fait une carrière fulgurante et légitime[3], j'ai exercé trente ans ce métier avec passion, avec une conception d'ex-pair, un peu expert, accompagnateur des progrès des personnes et des équipes, plutôt que juge, procureur ou donneur de leçons. La légende créée de toutes pièces du « héraut du stalinisme pédagogique » fabriquée et colportée par les ultra réactionnaires des SLEC, GRIP, SOS Education, etc a fait beaucoup rire dans ma circonscription. Il est tout à fait possible que j'ai pu être dur, exigeant, sévère, avec quelques individus, cela n'a jamais été pour des raisons de choix pédagogiques. Je respectais les désobéisseurs ouverts au dialogue. Je respectais l'immense majorité des 300 enseignants de la circonscription dont j'ai toujours salué la remarquable conscience professionnelle. Je me suis fâché avec quelques paresseux (exercices et correction d'exercices à longueur de journée, pas de préparation, pas de programmation…), une dizaine en 30 ans, pas plus, et surtout avec ceux, rares heureusement, qui ne respectaient pas les élèves, qui les humiliaient, qui les condamnaient. Une journaliste expéditive, quelques procureurs de mauvaise foi, ont probablement réussi à en rencontrer pour servir leur cause. Cela n'a pas grande importance. J'ai inspecté de très nombreux enseignants qui continuaient à faire du b-a ba envers et contre tout, à mettre des sons et des lettres dans des petites armoires sous un sablier, à associer les sons à des mimiques, avec conscience, sérieux et conviction. J'en ai rencontré beaucoup qui continuaient à faire des leçons de choses échappant aux activités d'éveil et à tous les nouveaux programmes successifs, qui ignoraient le tiers temps pédagogique, qui faisaient des classements et oubliaient le livret scolaire, qui considéraient que la grammaire/conjugaison était un préalable à l'expression orale et écrite. Jamais ils n'ont été sanctionnés. Je me suis toujours dit, connaissant très bien le milieu enseignant, qu'il était vain, contreproductif,de condamner et de sanctionner, qu'il fallait accompagner, soutenir, montrer[4], former… La résistance au changement est un phénomène évident, humain, qui mérite d'être analysé. Elle serait assimilée aujourd'hui à de la désobéissance, à un manque de loyauté. Elle serait sanctionnée si, au lieu d'être passive comme c'est très fréquent, voire inconsciente, elle était annoncée, affichée, revendiquée. Des milliers d'enseignants ont continué à faire comme avant ou à modifier des apparences ou à améliorer au moins les rapports maître /élèves sans changer de modèle pédagogique, sans être inquiétés. Au point, et cela m'amuserait si les conséquences n'étaient aussi graves, qu'il est particulièrement osé voire stupide d'attribuer les difficultés actuelles du système aux efforts de rénovation pédagogique entrepris depuis 1969. La lenteur des transformations du système, surtout quand elles sont insuffisamment préparées, accompagnées, régulées, comme ce fut toujours le cas, est telle que ce qui avait justifié les tentatives successives de réforme progressiste à la fin des années 60 par des gouvernements de droite d'abord, de 1969 à 1981, puis de gauche et de droite en alternance, de 1981 à 2002 (hors la parenthèse conservatrice de Chevènement) pourrait être remis à l'étude[5]. On ne manquera pas d'observer que les plus virulents détracteurs de la pédagogie et du progrès de l'école n'ont quasiment jamais mis les pieds dans une classe de l'école primaire et ne savent pas de quoi ils parlent, donnant raison à Claude Thélot qui a toujours reconnu que « l'on ne sait pas ce qui se passe dans les classes[6] ». Cette résistance au changement a conduit de nombreux étudiants à l'Ecole Normale puis à l'IUFM à m'interroger régulièrement à l'issue de mes conférences, sur le refus des enseignants d'appliquer la loi, celle de 1989, votée par un parlement démocratiquement élu, y compris dans des classes d'application (lieux de stage de formation) et sur l'attitude de la hiérarchie. Personne n'a été sanctionné pour n'avoir pas appliqué la loi… même pas ceux qui s'y opposaient publiquement, violemment, avec arrogance. Certains de ces désobéisseurs patentés rendus célèbres par les milieux ultra réactionnaires ont même reçu de très hautes distinctions à l'initiative des ministres depuis 2005. L'hommage aux désobéisseurs à la loi de 1989 mis en parallèle avec les sanctions lourdes infligées aux désobéisseurs aux mesures conservatrices prises depuis 2007 mérite au moins une réflexion. J'ai même été un inspecteur désobéisseur quant au mépris de la liberté pédagogique[7] inscrite depuis peu dans la loi, un ministre voulait imposer le b-a ba, entre autres mesures rétrogrades. C'était déjà le choix de la mécanique par rapport à l'intelligence, le choix du conditionnement par rapport à l'émancipation, le choix du passé par rapport à l'avenir… tout le contraire du sens profond des missions de l'Ecole du futur. Je n'ai pas été sanctionné, car même dans les rangs de l'UMP, des voix se sont élevées pour s'opposer au refus de la pensée divergente, à la pensée unique, à l'autoritarisme, au danger du totalitarisme. J'ai donc toujours été plus ou moins désobéisseur. Je n'ai jamais été sanctionné. Je n'ai eu, comme instituteur et comme inspecteur, que des rapports d'inspection élogieux voire souvent très élogieux. J'ai toujours été considéré comme un bon serviteur de l'Etat et de l'Ecole[8]. L'idée même de sanction m'était étrangère tant je savais que depuis la seconde guerre mondiale, peut-être même depuis la radiation du désobéisseur Célestin Freinet, l'Education Nationale avait toujours respecté la démocratie, l'intelligence, la pensée divergente, la réflexion constructive comme étant synonymes d'éducation. Les temps changent et on peut légitimement s'en inquiéter, d'autant plus que les réactions syndicales, politiques, citoyennes, sont devenues bien faibles. Que n'aurait-on entendu si des sanctions avaient été prononcées contre les désobéisseurs idéologiques à la loi de 89 ! Derrière les apparences et les polémiques, deux problèmes fondamentaux sont en jeu : 1° les finalités de l'école. Si l'on reprend les propos de Luc Chatel et si on les revendique, on rompt délibérément avec l'histoire contemporaine de l'école. Dans un article publié par le Figaro et rapporté par l'Expresso du Café Pédagogique, le nouveau ministre, invité de France Inter a déclaré : « La désobéissance, ça me paraît assez peu compatible avec ce qu'est le métier d'enseignant. Un enseignant, il doit faire obéir ses élèves, il incarne l'autorité. Donc, il y aurait un véritable paradoxe que lui-même ne s'applique pas ses propres règles ». L'école aurait donc désormais pour mission non pas de former des citoyens libres et éclairés mais des valets et des exécutants, bien obéissants, avec un encadrement servile et borné. C'est le meilleur moyen pour favoriser la révolte et la violence. Cette nouvelle orientation, si elle était confirmée, serait particulièrement grave pour la cohésion sociale, pour l'avenir de notre société. On observera qu'elle n'a fait l'objet d'aucun débat et qu'elle est contraire à certaines phrases du président de la République dans sa lettre aux éducateurs du 4 septembre 2007[9]. 2° la démocratie. Elle est menacée. Il paraît toutefois abracadabrant qu'au moment où le président de la République prône l'ouverture, sollicite des personnalités portant des opinions et des engagements différents des siens pour occuper des postes ministériels, confie des missions à des hommes de gauche, on en arrive à transformer des inspections académiques en tribunaux militaires et à sanctionner tous ceux qui à l'Education Nationale prennent une autre route pour rechercher l'amélioration du fonctionnement du système. Peut-être faudra-t-il faire appel au président de la République directement pour remettre, si possible, de l'intelligence, de la générosité, de la sagesse, de l'humanité, dans la maison Education Nationale, bien bousculée, il faut bien le dire, dans une apathie politique et syndicale quelque peu désespérante.
[1] Quoique… l'annonce de la date d'inspection étant devenue obligatoire, je suis tout aussi scandalisé de cette pratique qui consiste à annoncer une inspection entre le lundi et le vendredi de la semaine suivante [2] Je n'aurais probablement pas été inspecteur avec les nouvelles formes de recrutement (dossier, entretien…) rompant avec le caractère républicain du concours [3] Jusqu'à l'inspection générale… Et nous sommes restés amis ! [4] J'étais connu comme un « inspecteur qui fait l'école », non pas pour condamner les pratiques de l'enseignant ou pour donner un modèle, mais pour donner de la matière à la discussion [5] L'éducation serait bien le seul domaine de la vie d'une société où pour résoudre les problèmes d'aujourd'hui et de demain, il suffirait d'aller rechercher les solutions qui ont échoué avant-hier. C'est pourtant le cas actuellement. [6] Voilà au moins un procès que l'on ne pourra pas me faire. Je reviens sur ces questions dans un livre à paraître à la fin de ce mois d'août 2009 aux éditions « la chronique sociale », préfacé par Philippe Meirieu : « Pour l'école du futur. Du neuf et du courage. » [7] Un de mes textes sur la liberté pédagogique continue de provoquer la fureur (et le mot est faible. Dans certain site chapeauté, on lit fréquemment des appels à la condamnation à mort ou à 350 ans de prison, pour moi, mais aussi pour Philippe Meirieu, pour Eveline Charmeux…) des groupuscules réactionnaires : « La liberté pédagogique, alibi des conservateurs ». Il est vrai que la liberté pédagogique a été, depuis les années 70, beaucoup plus utilisée par ceux qui s'opposaient à toutes les réformes que par les progressistes. J'avais simplement voulu dire, et le propos était clair, que la liberté pédagogique permettait à certains de ne pas mettre en place les cycles, le projet d'école, les programmes des années 80, la continuité pédagogique… sans être sanctionnés ! Il est vrai que j'utilise aujourd'hui le concept pour cautionner les démarches progressistes… Je n'ai pas changé. [8] Il m'est même arrivé d'écrire dans les années 70 qu'il aurait été révolutionnaire d'appliquer les réformes des gouvernements de l'époque (tiers temps pédagogique, instructions pour le français de 74, etc) à des enseignants qui se prétendaient progressistes sur le plan politique et syndical mais qui faisaient preuve d'un conservatisme banal en matière de pédagogie [9] « Je souhaite qu'on apprenne à chacun d'entre eux à respecter le point de vue qui n'est pas le sien, la conviction qu'il ne partage pas, la croyance qui lui est étrangère, qu'on lui fasse comprendre à quel point la différence, la contradiction, la critique, loin d'être des obstacles à sa liberté sont au contraire source d'enrichissement personnel ». N. Sarkozy. Page 11 de la lettre. .../...
Instituteur remplaçant dans un premier poste près d'un puits de mine à Liévin, j'étais effaré que mes élèves, dont la plupart des pères travaillaient dans cette mine mitoyenne de l'école, n'avaient jamais pu visiter le « carreau de fosse » fermé par de solides barrières. J'étais aussi effaré de devoir leur faire faire des rédactions sur leurs vacances qu'ils avaient passées dans les corons ou sur l'automne dont il n'avait rien à dire et à écrire. Je décidai donc d'organiser une visite de cette fosse, au moins en surface, la descente étant évidemment interdite. La conseillère pédagogique contactée par le directeur effrayé est venue me l'interdire et m'a montré une leçon modèle de vocabulaire sur le jardin potager à partir de l'une de ces superbes images déjà jaunies que l'on voyait dans toutes les écoles. L'écoute des explications sur le râteau qui ratisse ou râtelle, la répétition des définitions qui transformait les enfants en murs, fermés sur eux-mêmes, incapables de répéter correctement ce langage étranger, m'interloquait. Comment pouvait-on s'obstiner à imposer des choses ayant si peu d'intérêt même si elles étaient dans les fiches pédagogiques du journal syndical et les répartitions du commerce? J'ai donc désobéi. Nous sommes allés voir le carreau de la mine en en ayant informé l'inspecteur par courrier et en ayant noté soigneusement au tableau où nous étions. Nous sommes aussi allés à la rencontre d'un jardinier et d'un fermier… Et les élèves ont parlé, écrit, lu, observé de la langue qui avait soudain pris du sens…. J'étais un désobéisseur. Instituteur au CP, on m'avait imposé le manuel en vigueur depuis longtemps, « Rémi et Colette ». « Rémi coupe la tulipe rouge ». Impossible de ne pas voir que les élèves n'avaient aucune affinité avec Rémi et se demandaient, avant de se mettre à rêver ou à surveiller les mouches, pourquoi ce Rémi coupait-il cette tulipe et pourquoi justement cette tulipe rouge alors que les jaunes, les blanches, sont aussi belles même si les mots ne comportent pas la lettre « r ». Comme le cancre de Prévert, avec des craies de toutes les couleurs, je décidai de jeter les livres dans les placards, de n'en garder que le sommaire pour avoir une liste des lettres et des sons, pour pointer leur rencontre dans des textes vrais ou dans des écrits sociaux récoltés, pour me justifier en cas de visite toujours scandaleusement inopinée à l'époque[1] de l'inspecteur. Je n'avais pas compris, malgré les injonctions, pour quelles raisons on ne pouvait pas faire « oin » avant d'avoir fait « a » et « u ». J'étais un désobéisseur. Instituteur au CM2, je m'étais rendu compte que j'étais capable de faire le classement des élèves de ma classe du 1er au 27èmesans faire les compositions traditionnelles,à main levée, dès le premier trimestre. Les procédures de contrôle et de hiérarchisation des élèves apparaissaient donc comme n'ayant pas de sens sauf à vouloir s'inscrire résolument dans une perspective de sélection, de stigmatisation des faibles et de formalisme. J'ai essayé de concevoir des méthodes d'évaluation réellement formatives dans la perspective de l'amélioration de la réussite scolaire. Dans le même esprit, je refusai de remplir les grillescaractérisant les élèves (courageux, discipliné, attentif, intéressé…). Cette attitude posait de gros problèmes à la directrice attentive au respect des usages et aux exigences du collège qui souhaitait un étiquetage précis des élèves pour constituer les classes de 6ème. J'étais undésobéisseur Instituteur, ayant des responsabilités départementales à la FCPE, attentif à l'ouverture de l'école et au développement réel des relations entre l'école et les familles, j'ai proposé aux parents de venir, par deux ou trois, selon un calendrier concerté, observer une demi-journée de classe, à la condition d'être discrets, silencieux. Cette initiative s'adressait notamment aux parents qui ne venaient jamais aux réunions. Tous sont venus. Les dialogues et les réunions de synthèse furent d'une richesse qui dépassa les espérances et qui modifia profondément les rapports. Cette pratique était à l'époque complètement originale, contraire aux usages et même contraire à l'opinion générale des enseignants qui étaient très résistants aux nouvelles dispositions ouvrant l'école aux parents avec les conseils d'école et les conseils d'administration des collèges. Je rompais avec les usages et avec ceux de mes collègues qui craignaient une demande de généralisation de cette initiative. J'étais un désobéisseur. Devenu inspecteur, grâce à un concours républicain à l'époque[2], le même concours pour tous, dans une promotion (1978/1980) où se trouvaient plusieurs agrégés qui ont naturellement fait une carrière fulgurante et légitime[3], j'ai exercé trente ans ce métier avec passion, avec une conception d'ex-pair, un peu expert, accompagnateur des progrès des personnes et des équipes, plutôt que juge, procureur ou donneur de leçons. La légende créée de toutes pièces du « héraut du stalinisme pédagogique » fabriquée et colportée par les ultra réactionnaires des SLEC, GRIP, SOS Education, etc a fait beaucoup rire dans ma circonscription. Il est tout à fait possible que j'ai pu être dur, exigeant, sévère, avec quelques individus, cela n'a jamais été pour des raisons de choix pédagogiques. Je respectais les désobéisseurs ouverts au dialogue. Je respectais l'immense majorité des 300 enseignants de la circonscription dont j'ai toujours salué la remarquable conscience professionnelle. Je me suis fâché avec quelques paresseux (exercices et correction d'exercices à longueur de journée, pas de préparation, pas de programmation…), une dizaine en 30 ans, pas plus, et surtout avec ceux, rares heureusement, qui ne respectaient pas les élèves, qui les humiliaient, qui les condamnaient. Une journaliste expéditive, quelques procureurs de mauvaise foi, ont probablement réussi à en rencontrer pour servir leur cause. Cela n'a pas grande importance. J'ai inspecté de très nombreux enseignants qui continuaient à faire du b-a ba envers et contre tout, à mettre des sons et des lettres dans des petites armoires sous un sablier, à associer les sons à des mimiques, avec conscience, sérieux et conviction. J'en ai rencontré beaucoup qui continuaient à faire des leçons de choses échappant aux activités d'éveil et à tous les nouveaux programmes successifs, qui ignoraient le tiers temps pédagogique, qui faisaient des classements et oubliaient le livret scolaire, qui considéraient que la grammaire/conjugaison était un préalable à l'expression orale et écrite. Jamais ils n'ont été sanctionnés. Je me suis toujours dit, connaissant très bien le milieu enseignant, qu'il était vain, contreproductif,de condamner et de sanctionner, qu'il fallait accompagner, soutenir, montrer[4], former… La résistance au changement est un phénomène évident, humain, qui mérite d'être analysé. Elle serait assimilée aujourd'hui à de la désobéissance, à un manque de loyauté. Elle serait sanctionnée si, au lieu d'être passive comme c'est très fréquent, voire inconsciente, elle était annoncée, affichée, revendiquée. Des milliers d'enseignants ont continué à faire comme avant ou à modifier des apparences ou à améliorer au moins les rapports maître /élèves sans changer de modèle pédagogique, sans être inquiétés. Au point, et cela m'amuserait si les conséquences n'étaient aussi graves, qu'il est particulièrement osé voire stupide d'attribuer les difficultés actuelles du système aux efforts de rénovation pédagogique entrepris depuis 1969. La lenteur des transformations du système, surtout quand elles sont insuffisamment préparées, accompagnées, régulées, comme ce fut toujours le cas, est telle que ce qui avait justifié les tentatives successives de réforme progressiste à la fin des années 60 par des gouvernements de droite d'abord, de 1969 à 1981, puis de gauche et de droite en alternance, de 1981 à 2002 (hors la parenthèse conservatrice de Chevènement) pourrait être remis à l'étude[5]. On ne manquera pas d'observer que les plus virulents détracteurs de la pédagogie et du progrès de l'école n'ont quasiment jamais mis les pieds dans une classe de l'école primaire et ne savent pas de quoi ils parlent, donnant raison à Claude Thélot qui a toujours reconnu que « l'on ne sait pas ce qui se passe dans les classes[6] ». Cette résistance au changement a conduit de nombreux étudiants à l'Ecole Normale puis à l'IUFM à m'interroger régulièrement à l'issue de mes conférences, sur le refus des enseignants d'appliquer la loi, celle de 1989, votée par un parlement démocratiquement élu, y compris dans des classes d'application (lieux de stage de formation) et sur l'attitude de la hiérarchie. Personne n'a été sanctionné pour n'avoir pas appliqué la loi… même pas ceux qui s'y opposaient publiquement, violemment, avec arrogance. Certains de ces désobéisseurs patentés rendus célèbres par les milieux ultra réactionnaires ont même reçu de très hautes distinctions à l'initiative des ministres depuis 2005. L'hommage aux désobéisseurs à la loi de 1989 mis en parallèle avec les sanctions lourdes infligées aux désobéisseurs aux mesures conservatrices prises depuis 2007 mérite au moins une réflexion. J'ai même été un inspecteur désobéisseur quant au mépris de la liberté pédagogique[7] inscrite depuis peu dans la loi, un ministre voulait imposer le b-a ba, entre autres mesures rétrogrades. C'était déjà le choix de la mécanique par rapport à l'intelligence, le choix du conditionnement par rapport à l'émancipation, le choix du passé par rapport à l'avenir… tout le contraire du sens profond des missions de l'Ecole du futur. Je n'ai pas été sanctionné, car même dans les rangs de l'UMP, des voix se sont élevées pour s'opposer au refus de la pensée divergente, à la pensée unique, à l'autoritarisme, au danger du totalitarisme. J'ai donc toujours été plus ou moins désobéisseur. Je n'ai jamais été sanctionné. Je n'ai eu, comme instituteur et comme inspecteur, que des rapports d'inspection élogieux voire souvent très élogieux. J'ai toujours été considéré comme un bon serviteur de l'Etat et de l'Ecole[8]. L'idée même de sanction m'était étrangère tant je savais que depuis la seconde guerre mondiale, peut-être même depuis la radiation du désobéisseur Célestin Freinet, l'Education Nationale avait toujours respecté la démocratie, l'intelligence, la pensée divergente, la réflexion constructive comme étant synonymes d'éducation. Les temps changent et on peut légitimement s'en inquiéter, d'autant plus que les réactions syndicales, politiques, citoyennes, sont devenues bien faibles. Que n'aurait-on entendu si des sanctions avaient été prononcées contre les désobéisseurs idéologiques à la loi de 89 ! Derrière les apparences et les polémiques, deux problèmes fondamentaux sont en jeu : 1° les finalités de l'école. Si l'on reprend les propos de Luc Chatel et si on les revendique, on rompt délibérément avec l'histoire contemporaine de l'école. Dans un article publié par le Figaro et rapporté par l'Expresso du Café Pédagogique, le nouveau ministre, invité de France Inter a déclaré : « La désobéissance, ça me paraît assez peu compatible avec ce qu'est le métier d'enseignant. Un enseignant, il doit faire obéir ses élèves, il incarne l'autorité. Donc, il y aurait un véritable paradoxe que lui-même ne s'applique pas ses propres règles ». L'école aurait donc désormais pour mission non pas de former des citoyens libres et éclairés mais des valets et des exécutants, bien obéissants, avec un encadrement servile et borné. C'est le meilleur moyen pour favoriser la révolte et la violence. Cette nouvelle orientation, si elle était confirmée, serait particulièrement grave pour la cohésion sociale, pour l'avenir de notre société. On observera qu'elle n'a fait l'objet d'aucun débat et qu'elle est contraire à certaines phrases du président de la République dans sa lettre aux éducateurs du 4 septembre 2007[9]. 2° la démocratie. Elle est menacée. Il paraît toutefois abracadabrant qu'au moment où le président de la République prône l'ouverture, sollicite des personnalités portant des opinions et des engagements différents des siens pour occuper des postes ministériels, confie des missions à des hommes de gauche, on en arrive à transformer des inspections académiques en tribunaux militaires et à sanctionner tous ceux qui à l'Education Nationale prennent une autre route pour rechercher l'amélioration du fonctionnement du système. Peut-être faudra-t-il faire appel au président de la République directement pour remettre, si possible, de l'intelligence, de la générosité, de la sagesse, de l'humanité, dans la maison Education Nationale, bien bousculée, il faut bien le dire, dans une apathie politique et syndicale quelque peu désespérante.
[1] Quoique… l'annonce de la date d'inspection étant devenue obligatoire, je suis tout aussi scandalisé de cette pratique qui consiste à annoncer une inspection entre le lundi et le vendredi de la semaine suivante [2] Je n'aurais probablement pas été inspecteur avec les nouvelles formes de recrutement (dossier, entretien…) rompant avec le caractère républicain du concours [3] Jusqu'à l'inspection générale… Et nous sommes restés amis ! [4] J'étais connu comme un « inspecteur qui fait l'école », non pas pour condamner les pratiques de l'enseignant ou pour donner un modèle, mais pour donner de la matière à la discussion [5] L'éducation serait bien le seul domaine de la vie d'une société où pour résoudre les problèmes d'aujourd'hui et de demain, il suffirait d'aller rechercher les solutions qui ont échoué avant-hier. C'est pourtant le cas actuellement. [6] Voilà au moins un procès que l'on ne pourra pas me faire. Je reviens sur ces questions dans un livre à paraître à la fin de ce mois d'août 2009 aux éditions « la chronique sociale », préfacé par Philippe Meirieu : « Pour l'école du futur. Du neuf et du courage. » [7] Un de mes textes sur la liberté pédagogique continue de provoquer la fureur (et le mot est faible. Dans certain site chapeauté, on lit fréquemment des appels à la condamnation à mort ou à 350 ans de prison, pour moi, mais aussi pour Philippe Meirieu, pour Eveline Charmeux…) des groupuscules réactionnaires : « La liberté pédagogique, alibi des conservateurs ». Il est vrai que la liberté pédagogique a été, depuis les années 70, beaucoup plus utilisée par ceux qui s'opposaient à toutes les réformes que par les progressistes. J'avais simplement voulu dire, et le propos était clair, que la liberté pédagogique permettait à certains de ne pas mettre en place les cycles, le projet d'école, les programmes des années 80, la continuité pédagogique… sans être sanctionnés ! Il est vrai que j'utilise aujourd'hui le concept pour cautionner les démarches progressistes… Je n'ai pas changé. [8] Il m'est même arrivé d'écrire dans les années 70 qu'il aurait été révolutionnaire d'appliquer les réformes des gouvernements de l'époque (tiers temps pédagogique, instructions pour le français de 74, etc) à des enseignants qui se prétendaient progressistes sur le plan politique et syndical mais qui faisaient preuve d'un conservatisme banal en matière de pédagogie [9] « Je souhaite qu'on apprenne à chacun d'entre eux à respecter le point de vue qui n'est pas le sien, la conviction qu'il ne partage pas, la croyance qui lui est étrangère, qu'on lui fasse comprendre à quel point la différence, la contradiction, la critique, loin d'être des obstacles à sa liberté sont au contraire source d'enrichissement personnel ». N. Sarkozy. Page 11 de la lettre. 
Ne nous résignons pas. Osons dessiner, dès aujourd’hui, un à-venir pour l’école aux couleurs de la générosité et de l’espérance.
- par collectif.ecoles.ouest.lyonnais
le 24/07/2009 ~ 22:07
Alain Refalo, professeur des écoles à l'école Jules Ferry de Colomiers, qui a comparu en commission disciplinaire le jeudi 9 juillet à l'inspection académique à Toulouse vient de se voir signifier une sanction disciplinaire de catégorie 2 : abaissement d'un échelon, soit la sanction qui a le plus de conséquences financières sur son traitement. S'ajoutant à la promotion qui lui a été refusée au mois de février, et indépendamment des 19 jours de salaire qui lui ont déjà été soustraits, cette sanction représente pour les quatre ans qui viennent une perte d'au moins 7 000 euros, alors qu' Alain Refalo a effectué l'intégralité de son service devant les élèves et que les rapports pédagogiques de ses inspecteurs sont élogieux. Les faits reprochés à Alain Refalo sont les suivants : refus d'obéissance, manquement au devoir de réserve, incitation à la désobéissance collective, attaque publique contre un fonctionnaire de l'Education Nationale. Il s'agit donc bien d'une sanction politique pour briser professionnellement l'initiateur du mouvement de résistance pédagogique et bâillonner la liberté d'expression des enseignants. Le comité de soutien à Alain Refalo et le Mouvement des Enseignants du primaire en Résistance Pédagogique considèrent cette sanction, décidée par le ministre Luc Chatel, comme une attaque directe à l'encontre de tous les enseignants en résistance et plus largement de tous les citoyens et les élus qui se sont mobilisés massivement le 9 juillet pour soutenir Alain Refalo et défendre l'école publique. L'inspecteur d'académie de la Haute-Garonne qui avait indiqué à plusieurs reprises qu'il n'y aurait pas de sanction disciplinaire à l'encontre d'Alain Refalo, et qui, le vendredi 10 juillet, lors de son point de presse, avait souhaité s'inscrire dans une démarche d'apaisement, a doublement menti. Luc Chatel qui ne cesse d'afficher une posture d'ouverture et de dialogue en direction des enseignants vient de montrer toute la duplicité de ses propos. La porte du dialogue que nous avions toujours laissée entrouverte est pour l'heure fermée de part la volonté du ministre qui devra en assumer toutes les conséquences dès la rentrée. Cette grave et injuste décision n'entamera pas la détermination d'Alain Refalo et celle de milliers d'enseignants du primaire en résistance dont les coordinateurs de toute la France se réuniront à la fin du mois d'août à Montpellier pour décider des initiatives communes de résistance aux "réformes" scélérates qui déconstruisent l'école publique. Blog Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/index-252147.html Comité de soutien à Alain Refalo : Patrick Jimena : 06 81 84 39 97 jimpat3@hotmail.com Le 24 juillet 2009 Déclaration d’Alain Refalo « Ne nous résignons pas. Osons dessiner, dès aujourd’hui, un à-venir pour l’école aux couleurs de la générosité et de l’espérance. » En prenant l’initiative de désobéir aux dispositifs pédagogiques imposés par Xavier Darcos et en décidant de le faire savoir dans ma lettre « En conscience, je refuse d’obéir » adressée à mon inspecteur le 6 novembre 2008, je savais que je m’exposais au risque de la sanction. Afficher ma désobéissance était la seule attitude cohérente : elle me permettait d’affirmer une résistance qui se voulait constructive et ouverte au dialogue tout en demeurant loyal et honnête vis-à-vis de ma hiérarchie. J’ai voulu prendre à témoin l’institution que nous n’avions pas d’autres choix pour éprouver la fermeté de nos convictions que de risquer de désobéir ouvertement afin d’être entendus. Car peu importe à vrai dire pour l’institution que nous appliquions ou pas les « réformes », comme certains inspecteurs ont osé nous le dire, l’important pour elle est de montrer à l’opinion publique que ces « réformes » s’appliquent sans vague. Le défi que nous avons lancé est à la hauteur de celui qui a été imposé par le pouvoir, c’est-à-dire la mise en place d’un processus de démantèlement du service public d’éducation. Cette action de désobéissance pédagogique qui s’est essentiellement cristallisée sur le dispositif de l’aide personnalisée a permis à des milliers d’enseignants du primaire d’en montrer toute la perversité et l’inefficacité tout en ayant une attitude responsable vis-à-vis des élèves en difficulté. Nous avons mis en lumière que ce dispositif en trompe-l’œil n’était pas destiné en réalité à aider les élèves qui en avaient le plus besoin, mais qu’il permettait au ministère de justifier la disparition de milliers de postes d’enseignants spécialisés du RASED, de supprimer deux heures de classe pour la majorité des élèves, de favoriser la semaine dite de 4 jours que tous les spécialistes considèrent comme néfaste pour le bien-être de l’enfant et de renoncer à déployer une formation pédagogique à la mesure des difficultés que tous les enseignants rencontrent aujourd’hui. Sur ce temps-là, nous avons mis en place des projets pédagogiques pour tous les élèves, sans discrimination, leur permettant ainsi de s’investir activement dans la classe et de remédier à leurs difficultés récurrentes. Refusant la stigmatisation des « mauvais élèves », nous avons choisi de les aider autrement et certainement de façon plus efficace. Durant ces deux heures facultatives, avec l’accord explicite des parents qui m’ont soutenu depuis le départ dans ma démarche, j’ai organisé un atelier théâtre auquel ont participé tous les élèves. Parallèlement à cet atelier théâtre qui a permis aux élèves en difficulté de retrouver de la confiance en eux-mêmes, de reprendre goût à l’école, de s’investir davantage dans les apprentissages et d’acquérir des compétences liées notamment à la concentration, l’écoute, l’expression orale et la coopération, j’ai organisé sur le temps scolaire obligatoire des ateliers d’aide et de soutien spécifiquement pour les élèves en difficulté en utilisant toutes les potentialités et les ressources du groupe classe. Cela n’a pas été pris en compte ; l’institution s’est focalisée jusqu’à l’absurde sur la vérification de la mise en œuvre d’un dispositif particulier, sans prendre en compte la globalité de mon travail d’enseignant dans la classe. Précisément parce que je n’ai pas appliqué les modalités du dispositif alors que j’en respectais largement la finalité, j’ai été sanctionné, depuis le mois de janvier, d’un retrait de salaire deux jours par semaine au motif fallacieux de « service non fait ». De surcroît, la promotion au grand choix à laquelle j’avais droit m’a été refusée au mois de février sous le prétexte étonnant que celle-ci aurait été considérée comme un encouragement à la désobéissance. Aujourd’hui, l’inspecteur d’académie de la Haute-Garonne en accord avec le ministre a décidé d’appliquer le principe, original, de la triple peine en me sanctionnant à nouveau sur le plan professionnel et financier. L’abaissement d’un échelon, cumulé au refus de promotion, conduit à une amputation de salaire de 7 000 euros sur quatre ans. Qui peut croire que la désobéissance limitée au dispositif de l’aide personnalisée justifie à elle seule cette sanction qui confine à l’acharnement ? Les motifs invoqués de manquement au devoir de réserve et d’incitation à la désobéissance collective, une première dans l’Education Nationale et dont on cherche en vain sur quels textes réglementaires ils s’appuient, témoignent d’une volonté de bâillonner les enseignants. Cette dérive dangereuse ne doit pas manquer d’interroger tous les démocrates sincèrement attachés aux libertés publiques. La commission disciplinaire du 9 juillet a été organisée en dehors de toute règle élémentaire de droit. En ce sens, elle constitue une parodie de justice. Non seulement les membres de cette commission étaient juges et partie, mais les votes étaient acquis d’avance dès lors que les représentants de l’administration sont obligés à un vote de fonction et non un vote de conscience. Les défenseurs, les témoins, l’accusé ont été poliment et longuement écoutés, mais nullement entendus. Les représentants de l’administration sont restés muets. Seul l’inspecteur d’académie s’est exprimé, empêchant ainsi un débat contradictoire, approfondi, diversifié et soucieux de la recherche de la vérité. Cette commission fut à l’image du grand mépris que le ministère a affiché durant toute cette année à notre encontre, mépris doublé d’une volonté de minimiser ce mouvement tout en le caricaturant. La contradiction entre ses propos clamés dans les médias et le procès politique en sorcellerie décidé à l’encontre de l’un des porte-parole de ce mouvement n’a échappé à personne. En vérité, ce mouvement dérange, inquiète car il vise à neutraliser les prétendues « réformes » dont se targuent nos gouvernants auprès de l’opinion publique. La vraie question est la suivante : Qui porte tort au service public d’éducation ? Les enseignants du primaire en résistance qui osent prendre la parole et dénoncer les graves dérives d’une politique qui n’a comme seul horizon que les restrictions budgétaires, le désengagement de l’Etat et à terme la privation de l’Education Nationale ? Ou bien nos gouvernants qui ne tolèrent plus l’idée même d’une contestation provenant des petits fonctionnaires que nous sommes. Ce qui est en définitive insupportable, au-delà du respect du devoir de réserve auquel nous ne sommes pas directement astreints, mais qui est opportunément brandi à la face des professeurs des écoles aujourd’hui, c’est que des instits de base, eux qui n’ont pas le « prestige » des enseignants du secondaire ou des universitaires, aient eu l’outrecuidance de se révolter, de le faire savoir et de lancer un défi à l’autorité qui se croyait à l’abri d’une insoumission contagieuse. Cette décision politique à l’encontre de l’initiateur du mouvement de résistance pédagogique vise assurément l’ensemble des enseignants du primaire en résistance. Le nouveau ministre espère ainsi écraser toute velléité de contestation à la rentrée. Il se trompe gravement. Il avait l’opportunité, lui qui s’est présenté comme un homme de dialogue et d’ouverture, de dénouer les fils de ce conflit qu’il a découvert en arrivant rue de Grenelle. Il vient de les resserrer. Et nous avions prévenu : « Plus ils nous sanctionneront, plus nous désobéirons ». Aujourd’hui, comme hier, le pouvoir ne nous laisse d’autre alternative que d’amplifier la résistance aux « réformes » qui déconstruisent le service public d’éducation et particulièrement aux dispositifs pédagogiques qui trahissent les valeurs profondes de l'école publique. En refusant le dialogue que nous n’avons cessé d’appeler de nos vœux, le pouvoir s’enferme dans une attitude répressive qui ne peut que susciter des tensions regrettables pour l’avenir. Jusqu’à ce jour, les sanctions, aussi disproportionnées soit-elles, ne nous ont pas fait reculer. Elles ont au contraire suscité un élan de sympathie dans l’opinion publique que le pouvoir aurait tort de mésestimer. De nombreux enseignants du primaire qui n’ont jamais accepté ces réformes destructrices sans pour autant les contester trop ouvertement se sont montrés solidaires, y compris financièrement, et nous ont encouragés à ne pas céder. Nous avons également le soutien massif des parents de nos élèves et cela est décisif. C’est pourquoi, à titre personnel, je ne regrette rien et surtout je ne me sens « coupable » de rien. Mettre ses actes en cohérence avec ses pensées est certainement ce qu’il est donné de vivre de meilleur, surtout dans notre noble métier. C’est une action juste, motivée en conscience, au service de l’intérêt général et non pas de notre « confort » corporatiste. Collectivement, nous pouvons être fiers d’avoir impulsé un mouvement qui porte l’exigence d’une révolte éthique et professionnelle conjuguée à un esprit de responsabilité et d’honnêteté que personne, aucun pouvoir, ne pourra briser. Et pendant tout ce temps consacré à pourchasser les enseignants en résistance, à vouloir faire appliquer des « réformes » injustes, néfastes et parfois inapplicables, on élude les vrais questions et les vrais problèmes qui se posent aux enseignants du primaire dans leur travail quotidien : la démotivation des élèves à l’égard de la chose scolaire, l’agitation et/ou l’apathie de beaucoup d’entre eux, leur difficulté à se concentrer et à écouter sur des périodes longues, le recul flagrant de la culture de l’écrit, l’hétérogénéité de nos classes avec des écarts de plus en plus importants entre les élèves, l’addiction des enfants aux jeux électroniques et à la télévision, la montée des marques d’irrespect à l’égard des enseignants, l’absence de régulation des conflits entre les élèves qui crée des climats de tension dans nos écoles. Nous avons besoin d’une révolution éducative qui prenne à bras le corps l’ensemble de ces problèmes et bien d’autres. C’est pourquoi, plus que jamais, des Etats Généraux de l’Education sont inévitables dans les prochains mois pour préparer une nouvelle ère qui définira l’éducation comme une grande priorité nationale. Alors, à l’heure où la répression s’abat sur les enseignants en résistance qui refuse d’assister passivement à la déconstruction de l’école publique, J’appelle, avec tous les enseignants du primaire en résistance, à une insurrection des consciences de la société civile pour sauver l’école de la République aujourd’hui menacée. J’appelle les enseignants à se ressaisir en refusant cette attitude de soumission permanente et aveugle qu’une hiérarchie abusant de son autorité veut nous imposer au mépris de toute confiance et de tout respect envers les professeurs des écoles confrontés à des difficultés inégalées au quotidien. J’appelle les syndicats d'enseignants à jouer pleinement leur rôle en organisant dès la rentrée un mouvement de résistance puissant à ces réformes scélérates qui aggravent une situation d’enseignement délicate et tout particulièrement à ces dispositifs pédagogiques qui trahissent l’esprit de notre mission qui est la réussite de tous les élèves. J’appelle les parents d’élèves, les citoyens et les élus à se mobiliser pour défendre le service public d’éducation que le pouvoir veut démanteler alors que nous avons plus que jamais besoin d’un système éducatif cohérent, outillé pour affronter les défis de l’échec scolaire et de la violence juvénile. A tous mes collègues déjà entrés en résistance et à tous ceux qui le seront inévitablement bientôt, je leur dis : ne nous résignons pas, car se résigner c’est déjà abdiquer de sa liberté, de sa raison et de sa dignité. Ayons confiance en nous-mêmes. Vous le savez, le verbe résister est un verbe qui se conjugue au présent... Alors osons dessiner, dès aujourd’hui, un a-venir pour l’école aux couleurs de la générosité et de l’espérance. .../...
Alain Refalo, professeur des écoles à l'école Jules Ferry de Colomiers, qui a comparu en commission disciplinaire le jeudi 9 juillet à l'inspection académique à Toulouse vient de se voir signifier une sanction disciplinaire de catégorie 2 : abaissement d'un échelon, soit la sanction qui a le plus de conséquences financières sur son traitement. S'ajoutant à la promotion qui lui a été refusée au mois de février, et indépendamment des 19 jours de salaire qui lui ont déjà été soustraits, cette sanction représente pour les quatre ans qui viennent une perte d'au moins 7 000 euros, alors qu' Alain Refalo a effectué l'intégralité de son service devant les élèves et que les rapports pédagogiques de ses inspecteurs sont élogieux. Les faits reprochés à Alain Refalo sont les suivants : refus d'obéissance, manquement au devoir de réserve, incitation à la désobéissance collective, attaque publique contre un fonctionnaire de l'Education Nationale. Il s'agit donc bien d'une sanction politique pour briser professionnellement l'initiateur du mouvement de résistance pédagogique et bâillonner la liberté d'expression des enseignants. Le comité de soutien à Alain Refalo et le Mouvement des Enseignants du primaire en Résistance Pédagogique considèrent cette sanction, décidée par le ministre Luc Chatel, comme une attaque directe à l'encontre de tous les enseignants en résistance et plus largement de tous les citoyens et les élus qui se sont mobilisés massivement le 9 juillet pour soutenir Alain Refalo et défendre l'école publique. L'inspecteur d'académie de la Haute-Garonne qui avait indiqué à plusieurs reprises qu'il n'y aurait pas de sanction disciplinaire à l'encontre d'Alain Refalo, et qui, le vendredi 10 juillet, lors de son point de presse, avait souhaité s'inscrire dans une démarche d'apaisement, a doublement menti. Luc Chatel qui ne cesse d'afficher une posture d'ouverture et de dialogue en direction des enseignants vient de montrer toute la duplicité de ses propos. La porte du dialogue que nous avions toujours laissée entrouverte est pour l'heure fermée de part la volonté du ministre qui devra en assumer toutes les conséquences dès la rentrée. Cette grave et injuste décision n'entamera pas la détermination d'Alain Refalo et celle de milliers d'enseignants du primaire en résistance dont les coordinateurs de toute la France se réuniront à la fin du mois d'août à Montpellier pour décider des initiatives communes de résistance aux "réformes" scélérates qui déconstruisent l'école publique. Blog Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/index-252147.html Comité de soutien à Alain Refalo : Patrick Jimena : 06 81 84 39 97 jimpat3@hotmail.com Le 24 juillet 2009 Déclaration d’Alain Refalo « Ne nous résignons pas. Osons dessiner, dès aujourd’hui, un à-venir pour l’école aux couleurs de la générosité et de l’espérance. » En prenant l’initiative de désobéir aux dispositifs pédagogiques imposés par Xavier Darcos et en décidant de le faire savoir dans ma lettre « En conscience, je refuse d’obéir » adressée à mon inspecteur le 6 novembre 2008, je savais que je m’exposais au risque de la sanction. Afficher ma désobéissance était la seule attitude cohérente : elle me permettait d’affirmer une résistance qui se voulait constructive et ouverte au dialogue tout en demeurant loyal et honnête vis-à-vis de ma hiérarchie. J’ai voulu prendre à témoin l’institution que nous n’avions pas d’autres choix pour éprouver la fermeté de nos convictions que de risquer de désobéir ouvertement afin d’être entendus. Car peu importe à vrai dire pour l’institution que nous appliquions ou pas les « réformes », comme certains inspecteurs ont osé nous le dire, l’important pour elle est de montrer à l’opinion publique que ces « réformes » s’appliquent sans vague. Le défi que nous avons lancé est à la hauteur de celui qui a été imposé par le pouvoir, c’est-à-dire la mise en place d’un processus de démantèlement du service public d’éducation. Cette action de désobéissance pédagogique qui s’est essentiellement cristallisée sur le dispositif de l’aide personnalisée a permis à des milliers d’enseignants du primaire d’en montrer toute la perversité et l’inefficacité tout en ayant une attitude responsable vis-à-vis des élèves en difficulté. Nous avons mis en lumière que ce dispositif en trompe-l’œil n’était pas destiné en réalité à aider les élèves qui en avaient le plus besoin, mais qu’il permettait au ministère de justifier la disparition de milliers de postes d’enseignants spécialisés du RASED, de supprimer deux heures de classe pour la majorité des élèves, de favoriser la semaine dite de 4 jours que tous les spécialistes considèrent comme néfaste pour le bien-être de l’enfant et de renoncer à déployer une formation pédagogique à la mesure des difficultés que tous les enseignants rencontrent aujourd’hui. Sur ce temps-là, nous avons mis en place des projets pédagogiques pour tous les élèves, sans discrimination, leur permettant ainsi de s’investir activement dans la classe et de remédier à leurs difficultés récurrentes. Refusant la stigmatisation des « mauvais élèves », nous avons choisi de les aider autrement et certainement de façon plus efficace. Durant ces deux heures facultatives, avec l’accord explicite des parents qui m’ont soutenu depuis le départ dans ma démarche, j’ai organisé un atelier théâtre auquel ont participé tous les élèves. Parallèlement à cet atelier théâtre qui a permis aux élèves en difficulté de retrouver de la confiance en eux-mêmes, de reprendre goût à l’école, de s’investir davantage dans les apprentissages et d’acquérir des compétences liées notamment à la concentration, l’écoute, l’expression orale et la coopération, j’ai organisé sur le temps scolaire obligatoire des ateliers d’aide et de soutien spécifiquement pour les élèves en difficulté en utilisant toutes les potentialités et les ressources du groupe classe. Cela n’a pas été pris en compte ; l’institution s’est focalisée jusqu’à l’absurde sur la vérification de la mise en œuvre d’un dispositif particulier, sans prendre en compte la globalité de mon travail d’enseignant dans la classe. Précisément parce que je n’ai pas appliqué les modalités du dispositif alors que j’en respectais largement la finalité, j’ai été sanctionné, depuis le mois de janvier, d’un retrait de salaire deux jours par semaine au motif fallacieux de « service non fait ». De surcroît, la promotion au grand choix à laquelle j’avais droit m’a été refusée au mois de février sous le prétexte étonnant que celle-ci aurait été considérée comme un encouragement à la désobéissance. Aujourd’hui, l’inspecteur d’académie de la Haute-Garonne en accord avec le ministre a décidé d’appliquer le principe, original, de la triple peine en me sanctionnant à nouveau sur le plan professionnel et financier. L’abaissement d’un échelon, cumulé au refus de promotion, conduit à une amputation de salaire de 7 000 euros sur quatre ans. Qui peut croire que la désobéissance limitée au dispositif de l’aide personnalisée justifie à elle seule cette sanction qui confine à l’acharnement ? Les motifs invoqués de manquement au devoir de réserve et d’incitation à la désobéissance collective, une première dans l’Education Nationale et dont on cherche en vain sur quels textes réglementaires ils s’appuient, témoignent d’une volonté de bâillonner les enseignants. Cette dérive dangereuse ne doit pas manquer d’interroger tous les démocrates sincèrement attachés aux libertés publiques. La commission disciplinaire du 9 juillet a été organisée en dehors de toute règle élémentaire de droit. En ce sens, elle constitue une parodie de justice. Non seulement les membres de cette commission étaient juges et partie, mais les votes étaient acquis d’avance dès lors que les représentants de l’administration sont obligés à un vote de fonction et non un vote de conscience. Les défenseurs, les témoins, l’accusé ont été poliment et longuement écoutés, mais nullement entendus. Les représentants de l’administration sont restés muets. Seul l’inspecteur d’académie s’est exprimé, empêchant ainsi un débat contradictoire, approfondi, diversifié et soucieux de la recherche de la vérité. Cette commission fut à l’image du grand mépris que le ministère a affiché durant toute cette année à notre encontre, mépris doublé d’une volonté de minimiser ce mouvement tout en le caricaturant. La contradiction entre ses propos clamés dans les médias et le procès politique en sorcellerie décidé à l’encontre de l’un des porte-parole de ce mouvement n’a échappé à personne. En vérité, ce mouvement dérange, inquiète car il vise à neutraliser les prétendues « réformes » dont se targuent nos gouvernants auprès de l’opinion publique. La vraie question est la suivante : Qui porte tort au service public d’éducation ? Les enseignants du primaire en résistance qui osent prendre la parole et dénoncer les graves dérives d’une politique qui n’a comme seul horizon que les restrictions budgétaires, le désengagement de l’Etat et à terme la privation de l’Education Nationale ? Ou bien nos gouvernants qui ne tolèrent plus l’idée même d’une contestation provenant des petits fonctionnaires que nous sommes. Ce qui est en définitive insupportable, au-delà du respect du devoir de réserve auquel nous ne sommes pas directement astreints, mais qui est opportunément brandi à la face des professeurs des écoles aujourd’hui, c’est que des instits de base, eux qui n’ont pas le « prestige » des enseignants du secondaire ou des universitaires, aient eu l’outrecuidance de se révolter, de le faire savoir et de lancer un défi à l’autorité qui se croyait à l’abri d’une insoumission contagieuse. Cette décision politique à l’encontre de l’initiateur du mouvement de résistance pédagogique vise assurément l’ensemble des enseignants du primaire en résistance. Le nouveau ministre espère ainsi écraser toute velléité de contestation à la rentrée. Il se trompe gravement. Il avait l’opportunité, lui qui s’est présenté comme un homme de dialogue et d’ouverture, de dénouer les fils de ce conflit qu’il a découvert en arrivant rue de Grenelle. Il vient de les resserrer. Et nous avions prévenu : « Plus ils nous sanctionneront, plus nous désobéirons ». Aujourd’hui, comme hier, le pouvoir ne nous laisse d’autre alternative que d’amplifier la résistance aux « réformes » qui déconstruisent le service public d’éducation et particulièrement aux dispositifs pédagogiques qui trahissent les valeurs profondes de l'école publique. En refusant le dialogue que nous n’avons cessé d’appeler de nos vœux, le pouvoir s’enferme dans une attitude répressive qui ne peut que susciter des tensions regrettables pour l’avenir. Jusqu’à ce jour, les sanctions, aussi disproportionnées soit-elles, ne nous ont pas fait reculer. Elles ont au contraire suscité un élan de sympathie dans l’opinion publique que le pouvoir aurait tort de mésestimer. De nombreux enseignants du primaire qui n’ont jamais accepté ces réformes destructrices sans pour autant les contester trop ouvertement se sont montrés solidaires, y compris financièrement, et nous ont encouragés à ne pas céder. Nous avons également le soutien massif des parents de nos élèves et cela est décisif. C’est pourquoi, à titre personnel, je ne regrette rien et surtout je ne me sens « coupable » de rien. Mettre ses actes en cohérence avec ses pensées est certainement ce qu’il est donné de vivre de meilleur, surtout dans notre noble métier. C’est une action juste, motivée en conscience, au service de l’intérêt général et non pas de notre « confort » corporatiste. Collectivement, nous pouvons être fiers d’avoir impulsé un mouvement qui porte l’exigence d’une révolte éthique et professionnelle conjuguée à un esprit de responsabilité et d’honnêteté que personne, aucun pouvoir, ne pourra briser. Et pendant tout ce temps consacré à pourchasser les enseignants en résistance, à vouloir faire appliquer des « réformes » injustes, néfastes et parfois inapplicables, on élude les vrais questions et les vrais problèmes qui se posent aux enseignants du primaire dans leur travail quotidien : la démotivation des élèves à l’égard de la chose scolaire, l’agitation et/ou l’apathie de beaucoup d’entre eux, leur difficulté à se concentrer et à écouter sur des périodes longues, le recul flagrant de la culture de l’écrit, l’hétérogénéité de nos classes avec des écarts de plus en plus importants entre les élèves, l’addiction des enfants aux jeux électroniques et à la télévision, la montée des marques d’irrespect à l’égard des enseignants, l’absence de régulation des conflits entre les élèves qui crée des climats de tension dans nos écoles. Nous avons besoin d’une révolution éducative qui prenne à bras le corps l’ensemble de ces problèmes et bien d’autres. C’est pourquoi, plus que jamais, des Etats Généraux de l’Education sont inévitables dans les prochains mois pour préparer une nouvelle ère qui définira l’éducation comme une grande priorité nationale. Alors, à l’heure où la répression s’abat sur les enseignants en résistance qui refuse d’assister passivement à la déconstruction de l’école publique, J’appelle, avec tous les enseignants du primaire en résistance, à une insurrection des consciences de la société civile pour sauver l’école de la République aujourd’hui menacée. J’appelle les enseignants à se ressaisir en refusant cette attitude de soumission permanente et aveugle qu’une hiérarchie abusant de son autorité veut nous imposer au mépris de toute confiance et de tout respect envers les professeurs des écoles confrontés à des difficultés inégalées au quotidien. J’appelle les syndicats d'enseignants à jouer pleinement leur rôle en organisant dès la rentrée un mouvement de résistance puissant à ces réformes scélérates qui aggravent une situation d’enseignement délicate et tout particulièrement à ces dispositifs pédagogiques qui trahissent l’esprit de notre mission qui est la réussite de tous les élèves. J’appelle les parents d’élèves, les citoyens et les élus à se mobiliser pour défendre le service public d’éducation que le pouvoir veut démanteler alors que nous avons plus que jamais besoin d’un système éducatif cohérent, outillé pour affronter les défis de l’échec scolaire et de la violence juvénile. A tous mes collègues déjà entrés en résistance et à tous ceux qui le seront inévitablement bientôt, je leur dis : ne nous résignons pas, car se résigner c’est déjà abdiquer de sa liberté, de sa raison et de sa dignité. Ayons confiance en nous-mêmes. Vous le savez, le verbe résister est un verbe qui se conjugue au présent... Alors osons dessiner, dès aujourd’hui, un a-venir pour l’école aux couleurs de la générosité et de l’espérance. 
Il fut un temps où les instituteurs étaient payés pour instituer des valeurs. Valeurs républicaines, esprit des Lumières, morale laïque... Il a été demandé par la suite aux enseignants du primaire de professer. On les a appelés des professeurs des écoles. Ils étaient des techniciens de l’enseignement, froids et efficaces. Comme on n’arrête pas le progrès cette époque est bientôt révolue. Je viens de l’apprendre de la bouche même de notre DRH en chef, Monsieur Luc Chatel, dans un entretien accordé au Figaro. "La désobéissance, ça me paraît assez peu compatible avec ce qu’est le métier d’enseignant. Un enseignant, il doit faire obéir ses élèves, il incarne l’autorité. Donc, il y aurait un véritable paradoxe que lui-même ne s’applique pas ses propres règles" Vous avez bien lu : le métier d’enseignant ce n’est pas d’instituer des valeurs ni d’enseigner, encore moins d’éduquer, d’accompagner... Non, c’est de faire obéir les élèves. J’en suis resté tout rêveur... C’est donc pour ça que je suis payé ? Notre ministre est il donc à ce point ignorant de ce qu’est l’enseignement primaire ? Est-il à ce point spirituellement mutilé par ses ambitions que pour lui mon rôle soit de faire obéir les enfants ? C’est pitoyable et en même temps tellement révélateur des enjeux de notre combat... Moi, le hussard de la République, vieux dinosaure en blouse noir, je ferais entrer mes élèves en classe en rang et en silence, j’imposerais le calme, l’entraide et le respect mutuel comme une fin en soi ? Quelle absurdité ! La fermeté est despotique quand elle n’est fondée que sur l’obéissance aveugle, livrée à l’arbitraire. N’en déplaise à monsieur le DRH, mon métier c’est d’aider les enfants à grandir et c’est tout. Je suis à leur service. Au service de tous les enfants, surtout les plus fragiles, je leur dois de leur offrir un espace de paix, de sécurité où développer leur jubilation de devenir "grands". Devenir grand, devenir adulte ce n’est pas s’écraser, ce n’est pas se conformer aux ordres ou à la mode, c’est devenir un humain libre et responsable. La sarkosie n’en a que faire. Il lui faut des électeurs, des publivores, des consommateurs, de la chair à profit résignée et moutonnière... Tant pis si la doctrine néolibérale emporte tout sur son passage, moi, dans mon école de campagne perdue, je continuerai tant que je pourrai, opiniâtrement à instituer, à semer, arroser, soigner des graines d’humanité. Voir en ligne : le hussard noir .../...
Il fut un temps où les instituteurs étaient payés pour instituer des valeurs. Valeurs républicaines, esprit des Lumières, morale laïque... Il a été demandé par la suite aux enseignants du primaire de professer. On les a appelés des professeurs des écoles. Ils étaient des techniciens de l’enseignement, froids et efficaces. Comme on n’arrête pas le progrès cette époque est bientôt révolue. Je viens de l’apprendre de la bouche même de notre DRH en chef, Monsieur Luc Chatel, dans un entretien accordé au Figaro. "La désobéissance, ça me paraît assez peu compatible avec ce qu’est le métier d’enseignant. Un enseignant, il doit faire obéir ses élèves, il incarne l’autorité. Donc, il y aurait un véritable paradoxe que lui-même ne s’applique pas ses propres règles" Vous avez bien lu : le métier d’enseignant ce n’est pas d’instituer des valeurs ni d’enseigner, encore moins d’éduquer, d’accompagner... Non, c’est de faire obéir les élèves. J’en suis resté tout rêveur... C’est donc pour ça que je suis payé ? Notre ministre est il donc à ce point ignorant de ce qu’est l’enseignement primaire ? Est-il à ce point spirituellement mutilé par ses ambitions que pour lui mon rôle soit de faire obéir les enfants ? C’est pitoyable et en même temps tellement révélateur des enjeux de notre combat... Moi, le hussard de la République, vieux dinosaure en blouse noir, je ferais entrer mes élèves en classe en rang et en silence, j’imposerais le calme, l’entraide et le respect mutuel comme une fin en soi ? Quelle absurdité ! La fermeté est despotique quand elle n’est fondée que sur l’obéissance aveugle, livrée à l’arbitraire. N’en déplaise à monsieur le DRH, mon métier c’est d’aider les enfants à grandir et c’est tout. Je suis à leur service. Au service de tous les enfants, surtout les plus fragiles, je leur dois de leur offrir un espace de paix, de sécurité où développer leur jubilation de devenir "grands". Devenir grand, devenir adulte ce n’est pas s’écraser, ce n’est pas se conformer aux ordres ou à la mode, c’est devenir un humain libre et responsable. La sarkosie n’en a que faire. Il lui faut des électeurs, des publivores, des consommateurs, de la chair à profit résignée et moutonnière... Tant pis si la doctrine néolibérale emporte tout sur son passage, moi, dans mon école de campagne perdue, je continuerai tant que je pourrai, opiniâtrement à instituer, à semer, arroser, soigner des graines d’humanité. Voir en ligne : le hussard noir 
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